New York District (New York Police Judiciaire)

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11 Décembre 2019

New York District / New York Police Judiciaire

Episode 14.08 : Embedded

Review réalisée par Seb


En un mot : un épisode beaucoup plus fin et réussi qu'il n'y parait et qui, même s'il ne s'affirme pas explicitement anti-guerre, est tout de même particulièrement osé en cette période de conflit…

Prégénérique : Trois hommes discutent dans un club, l'un d'entre eux raconte ses exploits sexuels… Ce dernier laisse ses deux camarades pour aborder une belle jeune femme blonde :
- Dernière chance, ma belle, je pars demain…
- Combien de fois ai-je entendu ça ? répond la jeune femme…
- Cette fois, je ne reviendrais peut-être pas…
La jeune femme lui montre ensuite qu'elle est maintenant fiancée et quitte sa place au bar, tandis que notre homme quitte le bar bredouille…
Alors que la jeune femme passe devant les deux amis de notre apprenti séducteur, trois coups de feu retentissent…
Le séducteur est un certain Frank Elliott, un journaliste opportuniste qui vendrait sa mère pour un scoop… Les médecins sont relativement confiants, l'homme n'a été touché que par une seule balle, celle-ci ayant perforé son foie…

Un prégénérique somme toute très atypique puisque d'abord, nous avons suivi la victime (un peu à la manière de Criminal Intent) et qu'en plus, la victime n'est pas décédée…

Briscoe fait preuve de beaucoup d'animosité envers Frank, on comprendra rapidement que c'est parce qu'il juge un de ses papiers responsable du suicide d'un flic, trois ans plus tôt (Elliott avait accusé le flic en question d'être un ripoux).

Elliott -qui devait retourner en Irak le lendemain- pense que celui qui a fait ça est un certain Barry Boyd, un avocat qui avait volontairement fait utiliser des terrains de jeux dangereux par des enfants afin d'attaquer la ville en justice… Boyd avait déjà agressé Elliott par le passé…
Questionné, Boyd affirme qu'il préfère se venger d'Elliott par voie juridique et que c'est pour cela qu'il a choisi de représenter les familles de trois militaires qui auraient été tués par la faute du journaliste…
Dans la séquence suivante, nos inspecteurs visionnent le reportage incriminé, Elliott y présente -par le biais d'un schéma qu'il dessine sur le sol- la position des militaires qu'il accompagne… Le lendemain, trois soldats seront abattus par des snipers irakiens…

Premier échange entre pro et anti-guerre :
- Van Buren : Un milliard de dollars par semaine pour aider des gens qui ne veulent pas de notre aide… Ce ne sont pas les seuls (la chaîne pour laquelle travaille Elliott) qui devraient se sentir coupables…
- Briscoe (cyniquement) : C'est ça, pourquoi ne pas tout remballer et redonner sa place à Saddam…
- Van Buren : Tu sais très bien ce que je veux dire…
- Briscoe : Je dis seulement que maintenant qu'on y est, on ne peut pas se permettre de faire les choses à moitié.
- Green : Attends, ce n'est pas parce que Washington a décidé de s'engager qu'on doit y aller au garde-à-vous…

Les premiers résultats balistiques nous sont ensuite présentés, l'arme utilisée correspond à celles utilisées par l'armée américaine…
George Meacham, un militaire faisant parti de l'escadron dans lequel les trois soldats avaient été abattus, était à New York le jour où quelqu'un a tiré sur Elliott… Mieux encore, la mère du jeune militaire vie tout près du lieu de l'agression… Au domicile de cette dernière, nous apprenons que le jeune soldat est reparti en Irak la veille…

Dans la rue, Briscoe et Green nous gratifie d'un nouvel échange entre pro et anti-guerre :
- Green : Bush Jr. Nous a menti…
- Briscoe : Comment sais-tu qu'il nous a menti ?
- Green : Je n'ai pas vu d'armes de destruction massive, t'en as vu ?
- Briscoe : Elles étaient là, et tu sais comment je le sais ? Parce que c'est Bush Sr. qui les vendu à Saddam…
- Green : Tu dis ça parce que t'as lu un article écrit par un type dans le même genre que Frank Elliott…

George Meacham avait passé la soirée dans un bar avec des amis, le barman n'est pas en mesure de dire si le militaire s'était ou non absenté durant la soirée… Du côté du club dans lequel se trouvait Elliott, le videur explique -après avoir donné son avis sur le conflit irakien : " Nos gars font du super boulot, moi je dis : faites les tous sautés ! "- qu'un homme saoul cherchait effectivement Elliott, mais qu'il ne l'avait pas laissé entrer… Détail important, l'homme qui cherchait Elliott avait un tatouage " Business is good " sur le bras…

Nos inspecteurs rendent ensuite visite à l'état major militaire afin de demander à s'entretenir avec Meacham. Par chance, celui-ci est encore dans une base militaire en Allemagne, il est donc encore légalement aux Etats-Unis et peut donc être rapatrié…
Le représentant de l'armée n'était, dans un premier temps, pas prêt à céder, mais les questions de Green et Briscoe relatives aux tatouages des militaires ne manquent pas de le déstabiliser… Beaucoup d'hommes ont bien un tatouage " Business is good " sur leur bras gauche, mais ils ont aussi et surtout un tatouage " Killing is our business " sur leur bras droit. Un détail dont la presse ne manquerait pas de faire ses choux gras.

Interrogé, Meacham reconnaît s'être rendu devant le club où se trouvait Elliott (il avait été informé de la présence de celui-ci par un chauffeur de taxi), mais affirme être parti après que le videur lui ait refusé l'entrée…
Meacham crache tout de même son venin : " Elliott a donné notre position en mouvement, si j'avais fait ça, je serais passé devant une cours martiale et j'aurais été condamné pour trahison… "

L'expertise balistique de l'arme que portait Meacham montre qu'il ne s'agit pas de l'arme qui a été utilisée pour tirer sur Elliott, la même expertise montre également que l'arme en question n'était pas celle de Meacham… Il s'agissait en fait de celle d'un des soldats décédés sous les balles des snipers irakiens…

La véritable arme de Meacham reste introuvable, Elliott s'enfonce dans la brèche et pond un reportage joyeusement paranoïaque :
" L'arme utilisée pour me mettre une balle dans le foie reste introuvable… Coïncidence avantageuse ou complot ? A vous de voir… Jusqu'où ira le pentagone pour me faire taire ? "
Branch, s'inquiétant de l'effet que pourra avoir un tel reportage sur le futur jury, lâche : " cet abruti est en train de foutre notre dossier en l'air… "
Serena rétorque : D'un autre côté, le pentagone n'est pas en odeur de sainteté ces derniers temps…
Branch : Qui dit ça ? Les abrutis dans le genre d'Elliott ? Le fait est que la majorité des américains informés ont cru en cette guerre depuis le début et qu'ils y croient toujours… (je serais franchement tenté de remplacer 'informés' par 'bornés', cela me semble beaucoup plus proche de la réalité ;-)
McCoy : Informés ? Par qui ?

L'avocat de Meacham et McCoy demandent et obtiennent un arrêté interdisant à Elliott de continuer à s'exprimer publiquement sur le sujet.
Elliott fait appel de cette décision " Ne voyez vous pas ce qu'ils font ? Ils n'ont pas pu me faire taire avec des balles, ils tentent maintenant de le faire avec la loi ". L'appel est rejeté…
En sortant du tribunal, surprise, Elliott est appréhendé par deux agents fédéraux, motif ? Trahison…

Commentaire de McCoy : Ils ont finalement réussi à le faire taire…
Serena : Tu plaisantes ? C'est exactement le genre de publicité que veut Elliott…
McCoy : Pour être honnête, j'ai toujours cru que le bureau du ministre de la justice tiendrait sa politique à l'écart de notre système judiciaire…
Branch : Attends, Elliott n'a-t-il pas révélé des informations secrètes sur le terrain ?
McCoy : S'ils pensaient vraiment qu'il avait commis un acte de trahison, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour l'arrêter ?
Branch : Pour se couvrir contre d'éventuelles répercussions politiques…
McCoy : Et c'est maintenant qu'ils sont couverts ? Juste au moment où nous nous préparons à juger un soldat…

L'avocat de Meacham présentera ensuite une défense de justification. Son client aurait tiré sur Elliott afin que ce dernier ne révèle pas d'autres secrets militaires qui pourraient causer la mort d'autres soldats américains.

Lorsque le procès démarre, le premier à passer à la barre est Elliott, ce dernier a la dent dure contre Bush et son administration qui, selon lui, ne penseraient qu'en terme de " relations publiques ". Aux questions de l'avocat de Meacham, Elliot répond " A quoi bon aller sur le terrain si c'est pour ne pas parler de ce que j'y voie ? "

C'est ensuite au tour de Meacham de répondre aux questions, le militaire est déstabilisé par celles de McCoy :
- Avez-vous tiré sur Frank Elliott ?
Meacham : Vous regardez les infos, non ? C'était un traître, l'armée va peut-être me décorer…
McCoy : Répondez à la question, s'il vous plait.
Meacham : Je suis un bon soldat… Le FBI l'a arrêté…
Le juge : Répondez à la question.
Meacham (perdant son sang froid) : Noooon ! Si j'avais pressé la gâchette, il serait mort !!!

Dans la séquence suivante, Elliott rattrape McCoy et Serena à l'extérieur du tribunal :
- Que se passe-t-il ? Je sais bien que vous ne posez jamais de question lorsque vous n'en connaissez pas la réponse…
Serena : Je serais vous, je ne m'en inquiéterais pas… La crédibilité de Meacham est maintenant anéantie…
McCoy : Pour utiliser une défense de justification, il aurait fallu qu'il reconnaisse être coupable… Il n'a maintenant plus de défense…
Meacham : A moins que le jury ne croit qu'il est innocent…
McCoy : Et nous savons tous qu'il y a bien trop de preuves circonstancielles pour que ça arrive…
Le ton change ensuite, McCoy se fait ironique :
- Ceci dit, il est vrai qu'un soldat qui tire trois balles et n'arrivent même pas à abattre sa cible, c'est assez étrange…
Elliott : Il a reconnu avoir bu pendant des heures…
McCoy : C'est sûrement ça…
Serena (ironique à son tour) : Si Meacham n'a pas tiré, qui a bien pu le faire ? Nous savons bien que vous avez beaucoup d'ennemis, mais combien ont des armes militaires ?
(…)
McCoy (plus ironique que jamais) : Maintenant que j'y pense, vous étiez là-bas, vous auriez très bien pu récupérer une arme…
Elliott : C'est ridicule !
Serena : Tu sais ce qui est ridicule Jack ? C'est que les inspecteurs n'auraient jamais entendu parler de Meacham si Elliott ne les avait pas envoyer voir Barry Boyd (au début de l'enquête).
Si j'étais l'avocat de Meacham, j'affirmerais que toute cette histoire est un coup monté…
McCoy : Tout le monde se moquerait de toi, Serena… Si Frank s'était tiré dessus, quelqu'un aurait trouvé l'arme…
Serena : Est-ce si difficile de penser qu'il a pu être aidé ?
(…)
Elliott : Vous savez ce qu'on dit, il ne faut jamais laisser la vérité se mettre en travers d'une bonne histoire…
(…)
Elliott : Même si ce que vous dîtes est vrai, en quoi est-ce plus fictif que ce qu'ils espèrent que fassent les journalistes là-bas ?
L'Amérique a le droit de connaître la vérité, quand je la lui donne, une bande de militaires me dit que si je recommence, je peux dire Adieu à ma carrière…
Nous avons le droit à une presse libre, mais le gouvernement refuse de l'autoriser…
McCoy : Ce que vous avez fait est répugnant !
Elliott : Ce qui est répugnant, c'est que le gouvernement se cache derrière un patriotisme malsain pour ignorer le premier amendement (liberté d'expression).

Elliott affirme ensuite que, de toute façon, McCoy ne peut pas prouver ce qu'il dit, ce à quoi McCoy répond :
- On peut aller parler aux journalistes…
Elliott : Sans trois confirmations indépendantes, leurs avocats ne les laisseront jamais écrire quoi que ce soit…
McCoy : Ce n'est pas fini, nous trouverons l'arme et nous trouverons votre complice…
Elliott (non sans un certain cynisme): Appelez-moi lorsque vous aurez réussi…

Dans la dernière séquence, on apprend que Meacham est reparti en Irak… Tout comme Elliott (Bizarre, il est supposé être poursuivi pour trahison)…

Après le premier visionnage, j'étais franchement assommé par le dénouement, j'avais trouvé l'épisode honteusement orienté pro-guerre, au point de me demander si la thématique et le traitement de l'épisode n'avait pas été imposés par NBC aux scénaristes…
Le second visionnage m'a finalement fait comprendre que j'avais tort… Car même si, le dénouement à forcément tendance à décrédibiliser le personnage de Frank Elliott, ses arguments n'en sont pas pour autant moins valables…
Avec le recul, on peut définitivement voir l'acte d'Elliott comme le geste désespéré d'un journaliste prêt à tout pour faire comprendre à ses concitoyens que la guerre en Irak est une gigantesque absurdité et que l'administration Bush fait tout pour dissimuler la vérité…
Alors bien sûr, une lecture conservatrice et simpliste de l'épisode est plus évidente : Meacham est un salaud prêt à tout pour empêcher les gentils américains de faire ce qu'ils ont à faire…

Un indice supplémentaire concernant les intentions des scénaristes est que seuls deux personnages sont ouvertement pro-guerre dans l'épisode : Le videur d'une boîte de nuit et Arthur Branch (ce qui n'est pas franchement une surprise, le personnage étant franchement réac' depuis son apparition dans la série…). On pourrait ajouter Briscoe à la liste, mais il n'est pas si pro-guerre que ça (" Je dis seulement que maintenant qu'on y est, on ne peut pas se permettre de faire les choses à moitié ").
Les autres personnages n'argumentent pas ou son explicitement anti-guerre (Eddie Green tout particulièrement qui s'avère même très critique à l'encontre de Bush…).

Il était clair qu'un épisode d'une des séries les plus regardées outre-atlantique n'allait pas descendre explicitement l'engagement américain dans la guerre en Irak, mais les scénaristes sont parvenus très subtilement à éviter de nous pondre un épisode propagandiste bête et méchant…
Bravo à eux, ce n'était franchement pas gagné d'avance…

Review réalisée par Seb

Episode diffusé sur NBC le 19/11/2003
Review en ligne depuis le 21/11/2003

Note : Les épisodes dont les titres sont suivis d'une étoile (*)
sont inédits en France (ou l'étaient au moment de la mise en ligne de la review).







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