New York Cour de Justice

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22 Novembre 2017

New York Cour de Justice

Episode 1.02 : Forty-One Shots

Review réalisée par csivore


Ray Hernandez était un bon flic, un bon mari, un bon père de famille. Abattu ou plutôt achevé d’une balle dans la gorge, l’inspecteur Burke et son collègue dressent un éloge funèbre dans les locaux de la police, devant son casier transformé pour la sinistre circonstance, en chapelle improvisée faiblement éclairée à la lueur de petites bougies scintillantes.
Cet éloge est prononcée devant une respectueuse, compatissante et attentive Tracy Kibre qui se voit remettre ainsi son « ordre de mission » lorsque l’un des flics déclare solennellement que :

« Ces bougies resteront allumées jusqu’à ce que je la justice soit faite. »

Ailleurs, l’avocat Mike LaSalle, un élégant et mielleux sexagénaire, se dirige vers une chambre de ce qui semble être une annexe hospitalière sécurisée d’une prison fédérale pour y rejoindre son client Bruno Johnson. Un afro-américain, cloué et estropié sur son lit, passablement amoché et accusé d’avoir froidement abattu le policier Raymond Hernandez.

Dès lors on est en droit de penser qu’il s’agit d’une affaire dont on ne peut douter de l’issue tellement elle est caricaturale dans les faits : le méchant dealer noir aurait tué le bon flic latino mais l’affaire n’est pas aussi simple.

Le juge, à la lecture de l’acte d’accusation, n’aime pas les tueurs de flics et requiert la détention provisoire sans se laisser du tout apitoyer par l’état physique de Bruno Johnson, qui assiste à cette lecture depuis son lit et devant le juge.

Tiens, tiens, notre séduisant avocat a fricoté par le passé avec Tracy Kibre et tous les deux semblent partager un passé « amoureux » commun et une vertu commune : ce succulent côté pince sans rire, mi figue mi raisin, lard ou cochon.
C’est rassurant de savoir qu’elle peut avoir des sentiments car Tracy n’est pas particulièrement une rigolote, un peu amère et cynique, calculatrice et manipulatrice, mauvaise perdante et revancharde : bref une femme comme les autres (non je déconne)

Mais Tracy lui fait clairement comprendre qu’on ne la lui fait pas avec des sentiments et qu’elle trouve carrément détestable qu’il veuille faire accuser la police pour avoir tenter d’abattre son client en lui tirant 41 fois dessus.

Débriefing au bureau du procureur autour de la bête du Gévaudan ou l’on brandit le spectre de la bavure policière en remémorant l’affaire Amadou Diallo, un jeune libérien, abattu par des policiers new-yorkais, suite à un tir nourri de balles en 1979 et ou il s’est avéré qu’il était désarmé et ne représentait pas de danger immédiat pour les policiers.
Ce n’est pas le cas : Bruno Johnson était sacrément bien armé et a participé allègrement à la fusillade.
Le bureau veut mettre les médias dans le coup mais un flic qui se fait dégommer d’une balle est moins accrocheur qu’un lascar qui se fait trouer comme une passoire.

Débriefing rapide dans la chambre d’hosto de Bruno Johnson autour d’un avocat désemparé par le pitoyable tableau de famille : une mère aimante, une femme cupide et un fils qui « ne connaît même pas son père » : on peut tirer un maximum de pognon de cette affaire pour chaque membre de cette touchante famille en portant plainte contre la ville et en se servant des médias.
Bruno Johnson n’est pas dupe de l’âpreté au gain de son avocat et le fixe d’un perplexe :
Mike LaSalle :« J’essaie de vous sauver la vie !!! »( Traduction en français : je prends généralement un pourcentage élevé en cas de victoire dans mes procès ») :
Marché conclu : ils sont aussi fourbes l’un que l’autre.

Les demoiselles de New York qui aiment bien les cas tordus semblant à priori perdus d’avance, font bloc autour de la veuve de Ray Hernandez, résignée et écoeurée devant l’indifférence qu’a suscitée la mort brutale de son mari dont le nom n’a jamais été prononcé par les médias, à la différence du «  victimisé »  cop killer Bruno Johnson.

Donc en bonne manipulatrice, Tracy Kibre qui décidément aime bien faire joujou avec les TV, magnétoscopes, caméras, rectifie le tir et fait venir la famille du défunt flic au complet au tribunal pour l’audience préliminaire et s’arrange pour que la caméra permette à Bruno Johnson d’y assister également en direct de l’hôpital.
La réalisatrice Tracy K. donne ses instructions pour les angles de vue devant un Mike LaSalle médusé devant le culot de cette frêle petite femme, chargé comme un bâton de dynamite toujours prêt à exploser.

Manque de bol pour elle, c’est le juge Amanda Anderlee (Candice Bergen) qui préside l’audience. Elle n’aime pas trop ses procédés cavaliers et remercie le Ministère Public de bien vouloir veiller à faire transporter Bruno Johnson au Tribunal aux frais de la ville.

Un point partout, la balle au centre.

Mike LaSalle profite de cette aubaine pour instrumentaliser encore plus son client et sa  « loving family » en attroupant badauds et journalistes devant le tribunal : « Nous allons poursuivre la ville de New York et le département de la Police et réclamer des dommages et intérêts » avec toute la solennité d’un shakespearien. La veuve est complètement dégoûtée.
Et ça fonctionne à merveille car Mike LaSalle arrive le lendemain à la prison pour faire la revue de presse devant un Bruno Johnson qui se taperait bien un autre flic pour fêter ça.

La Bête du Gévaudan n’aime pas du tout ça et fait comprendre à ses girls qu’il ne se laissera pas ridiculiser par une crapule récidiviste avec un casier chargé et qu’il faudrait tout de même s’assurer que ce Ray Hernandez était clean lui aussi, en épluchant ses états de service : cette mission peu ingrate incombe à Lennie et Hector Salazar, un peu dégoûtés de devoir mettre en doute l’intégrité de leur confraternel collègue, voire remuer la merde, en fouillant dans son passé de flic.
Burke, un des collègues d’Hernandez, s’en prend injustement à Lennie en l’accusant de salir la mémoire d’Hernandez et de faire déshonneur aux flics. Mais Lennie n’a rien perdu de son énergie et se met en rogne devant cette insulte (ce blaireau n’est là que pour un seul épisode et Lennie est là depuis tant de saisons de L&O. Et il se permet de juger son intégrité !!)
Mais Lennie n’est pas rancunier et il arrive même à comprendre le dégoût du flic, une fois celui-ci sorti de la pièce.

L&H trouvent quand même quelque chose d’intéressant : Bruno Johnson a été condamné à maintes reprises et semble avoir bénéficié de l’extrême mansuétude de juges qui ont systématiquement prononcé des non-lieu.

Petit intermède savoureux en plein milieu d’épisode : un brunch entre le juge Anderlee, le juge Jamie Ross et une collègue à elles, Lilian Sans Nom. Une scène façon « Law and The City» version prout prout, ou l’on parle boulot 1 minute pour faire style genre sur le cas Hernandez/Johnson et ou l’on apprend avec un étonnement amusé que notre libidineux avocat Mike LaSalle a eu les mains baladeuses avec Jamie Ross qui ne semble pas avoir été trop traumatisée par cet égarement. Pragmatique, elle déclare ingénument à ses consœurs, pendues à ses lèvres, que de lui rentrer dans le lard n’aurait pas été une manière de commencer intelligemment sa carrière juridique.
Fin des commérages.

Après de multiples investigations, H&L découvrent que Bruno Johnson bénéficiait également des largesses du FBI pour avoir accepter de coopérer dans une affaire de corruption de fonctionnaires de police et que Ray Hernandez et ses cops-llègues auraient été soupçonnés de faire partie des véreux. Ce qui expliquerait, entre autres leur présence au domicile de Bruno Johnson et accréditerait la thèse de la légitime défense. Pourtant leurs états de services sont nickels.

Le procès démarre (traîne parfois en longueur), et se succèdent à la barre policiers, experts, légistes et le schmilblick n’avance toujours pas : on n’arrive pas à déterminer si Bruno Johnson a été criblé de balles pour ne pas baver sur des flics corrompus ou s’il voulait tout simplement, lui, se payer un flic en tirant froidement cette balle dans la gorge de Hernandez.
Un élément nouveau apparaît et semble devoir démonter toute l’argumentation de Tracy Kibre : une retranscription téléphonique qui impliquerait activement et incriminerait Hernandez (que Mike LaSalle a réussi à se procurer grâce aux fédéraux).

Tracy commence à péter un câble d’énervement et demande à Kelly de lui trouver n’importe quoi pour appuyer le contre-interrogatoire qu’elle va devoir faire. Kelly arrive en catimini, sourire vicieux en coin, alors que le procès a repris et que Tracy tente de faire avaler des couleuvres pour gagner du temps.
Et là, retournement de situation : en trois phrases, elle discrédite complètement l’enregistrement téléphonique : il n’est fait ni mention du prénom de Hernandez, ni du poste de police duquel il dépend et que 126 policiers du nom de Hernandez travaille pour l’Etat de New York (cette preuve bien que décortiquée ne prouve pas qu’il était coupable mais ne prouve pas le contraire non plus).

La Bête du Gévaudan glousse de joie et tend à ses girls , avec ses mains pleines de doigts, des pâtisseries de Maison Frères et leur demande de mettre un arrangement sur la table. Il vaut mieux négocier en position de force plutôt que de se retrouver le bec dans l’eau par un verdict inapproprié surtout si un juré se laisse apitoyer par l’état calamiteux de Bruno Johnson.

Mike LaSalle influence son client et le pousse à refuser l’arrangement car il ne perd pas de vue les pépettes qu’ils pourraient tous se faire et décident ensemble d’une nouvelle tactique : Bruno Johnson va jouer le gars mystique qui, à l’agonie, a aperçu les lueurs divines du Dieu Tout Puissant, prêtes à le guider vers le paradis aussi blanc et pur que la coke qu’il dealait.

Tracy n’est pas dupe de cette pitoyable tentative en guise de dernier recours et s’attarde sur ces mystérieuses « lueurs divines » qui sont en réalité les lights d’une équipe de TV : et là…..
re-retournement de situation avec magistrale démonstration qui enfonce définitivement Bruno Johnson. Qui dit équipe TV dit reportage, qui dit reportage dit prise de son…Et la prise de son restitue fidèlement les intervalles entre les tirs échangés et le coup de feu qui a abattu Raymond Hernandez ( ils n’auraient pas pu approfondir dès le départ  sur cet aspect là ??? )

Le verdict, malgré une jurée hésitante, est unanime : COUPABLE 

Tous les flics qui ont été interdits de présence au Tribunal par la juge Anderlee sont attroupés devant la salle du Tribunal en attendant un signe de la team de choc montrant qu’elles ont gagné !!

Kelly : « Qu’est-ce qu’on fait ? On se fait la bise pour leur montrer qu’on a gagné ? »
Tracy :« Déjà qu’on sourit du bout des fesses en temps ordinaire, je ne suis pas trop pour les effusions ! »
Kelly : « On se serre la main, alors ? Après tout deux femmes qui se tiennent la main, cela n’a rien qui choque la morale ! »
Tracy : Dehors les policiers laissent éclater leur joie mais l’image la plus touchante restera ce large sourire de Lennie Briscoe-Jerry Orbach car c’était l’ultime scène dans la galaxie Law and Order de cet homme qui décidément transpirait de jovialité désabusée et de gentillesse. Ce samedi soir 22 avril 2005, TF6 rediffusait le premier épisode introduisant le personnage du briscard Lennie Briscoe. Tout au long de ces années et au vu de cet énorme parcours, cela a procuré beaucoup de souvenirs pour ses fans inconditionnels de la première heure, ceux qui l’ont découvert sur le tard et ceux auront la grande chance de le découvrir (soyez nombreux).
Chacun ayant sa sensibilité, sa manière de la manifester, je laisse à chacun le privilège de se remémorer les nombreux souvenirs qu’il vous aura laissés.

Cela serait tout de même sympa de créer un Topic : Lennie Briscoe….ses répliques croustillantes.
Et nous en avons tellement qu’elles ne peuvent qu’alimenter le souvenir vivace que nous avons de lui.

Fin de la transmission.

Review réalisée par csivore

Episode diffusé sur NBC le 04/03/2005
Review en ligne depuis le 25/04/2005

Note : Les épisodes dont les titres sont suivis d'une étoile (*)
sont inédits en France (ou l'étaient au moment de la mise en ligne de la review).








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