New York Cour de Justice

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22 Novembre 2017

New York Cour de Justice

Episode 1.03 : The Vigilante

Review réalisée par csivore


Une assemblée de résidents d'un quartier de New York écoute de manière très attentive, dans une salle d'audience, le témoignage d'une jeune femme évoquant les sévices monstrueux subis d'un pédophile, Lyle JOYNES, ayant fait l'objet d'une libération sur parole et contre lequel Kelly GAFFNEY s'acharne à démontrer au juge que de ne pas remettre en question cette libération anticipée serait une invitation à la tragédie
En effet, ce pédophile, censé suivre un programme de castration chimique, est tout simplement retourné vivre dans son quartier d'origine où il sévissait.
Malgré les efforts répétés de Lyle JOYNES de prouver péniblement à cet auditoire et au juge qu'il fait l'objet de harcèlement tandis qu'il déclare se conformer scrupuleusementà toutes les injonctions qui lui ont été ordonnées, une seule se détache de cette assemblée.

Cette femme, c'est Karla GRIZANO ( Lorraine BRACCO ). Elle interrompt brutalement le plaidoyer mécanique, pleine de colère et de rage, fulminant contre la juridique intervention de Kelly GAFFNEY - trop frêle à son goût - et contre le le rammassis de mensonges proférés par Lyle JOYNES qu'elle dénonce ouvertement face au juge interloqué devant l'affront de cette femme qui ne se sent nullement intimidée par les rappels à l'ordre du juge.
Cette femme, qui d'emblée, suscite la sympathie, semblant passionnée et combattive, a appris ses premiers rudiments de droit dans des cours du soir, tout en évelant seule son gamin. Elle est devenue depuis l'avocate et la représentante des habitants du quartier, fortement inquiets de la présence du pervers dans leur voisinage, qui vient pertuber la quiétude de leur vie communitaire et qui expose leurs propres enfants à la convoitise perverse, malsaine et constante de cet homme.
Il est difficile de ne pas voir en cette femme charismatique, personnage haut en couleur et fort en gueule, à la voix si chaude et maternelle, une Némésis des temps modernes, une Xéna sans sa Gabrielle, puissamment armée de son glaive vengeur. Surtout lorsque ce glaive prend, entre ses mains, la forme d'un beau jeune homme Jimmy COLBY ( qui n'est pas le fils illégitime d'Alexis COLBY et est incarné par Aidan GILLEN de Queer as Folk version UK. Très troublant par ailleurs de le voir pour la première fois habillé !!)

Jimmy COLBY est un jeune père de famille révulsé par une petite conversation de voisinage provoquée par le pervers Lyle JOYNES avec la propre fille de Jimmy COLBY, Brianne. Cette révulsion et cette rage l'ont elles poussé à abattre froidement Lyle JOYNES ? Sa haine l'a-t-elle poussé à cracher sur le visage de cet homme son ADN ?

Car c'est bien ce qui se produit : Lyle JOYNES est retrouvé mort dans un parc, abattu d'un coup de calibre 38 et Kelly GAFFNEY qui avait alors déployé l'arsenal juridique pour faire annuler sa libération anticipée, va devoir sortir l'artillerie lourde pour faire condamner celui ou celle qui s'est substitué à la justice en le tuant. Cette justice qui ne tolère pas d'autre justice que celle qui trouve son fondement et sa légitimité dans les lois.

Et Tracy Kibre compte bien livrer ce message en faisant condamner ce meurtrier. La tâche lui est facilitée quand l'autopsie révèle la présence de crachat sur le visage de Lyle JOYNES. Elle lui est doublement facilitée lorsque l'enquête menée par Chris RAVELL et Hector SALAZAR lient Jimmy COLBY à ce calibre 38, dont le propriétaire est son frère.
Son alibi peu crédible et le motif avéré provoquent son arrestation et sa mise en accusation.

C'est ici que démarre la confrontation entre ces deux femmes, fortes de caractère : Tracy KIBRE et Karla GRIZANO.
Tracy KIBRE maitrise toutes les subtilités et les complexités des lois, sait les retourner et les adapter au dossier qu'elle défend, anticipe les actions de la défense et réussirait à tricoter un pull avec une seule pelote de laine.
Karla GRIZANO énéficie de la spontanée sympathie du public, dans le cas présent, en assurant la défense de Jimm COLBY qui, selon elle, a oeuvré pour le bien public. Elle a l'art de travailler la crainte des gens comme de la glaise. La fin justifie les moyens et tous ces moyens sont bons lorsqu'ils sont au service de SA cause.

Cette sympathie générale lui permet par ailleurs de collecter la somme nécessaire pour payer la caution demandée soit 300.000 dollars grâce aux amis, à la famille et aux voisins de Jimmy COLBY.
Elle exulte devant l'effervescence suscitée par la sortie de son client du tribunal devant des médias affamés et une foule galvanisée.

Néanmoins, Jimmy COLBY, plein de résignation et dénué de remords, semble vouloir accepter l'offre faite par le buereau du procureur à savoir une peine de 18 à 20 ans devant une Karla GRIZANO désemparée devant la soudaine capitulation de son client. Elle arrive tout de même et encore une fois à le faire fléchir et revenir sur sa décision. Ils plaideront les troubles émotionnels profonds ( même si cette idée n'enchante pas Jimmy COLBY ).

Parallèlement Hector SALAZAR et Chris RAVELL se présente au domicile de la mère de Lyle JOYNES et y découvrent des ampoules de stéroïdes. Le pervers s'injectait de la testostérone pour contrer les effets de la castration chimique et son autopsie révèle également ( mais ils auraient pu le dire plus tôt !!!!! ) un taxu anormalement élevé de testostérone. Lyle JOYNES violait sciemment les conditions de sa libération ainticipée. GRIZANO, enchantée de cette nouvelle preuve, tente de la faire intégrer au dossier mais elle est catégoriquement refusée par le juge. En effet, Jimmy COLBY savait que JOYNES recevait des paquets d'ampoules suite à une erreur de routage du postier.

Le procès démarre donc et les auditions commencent. Un de ces témoignages, celui de Brianne, la fille de COLBY, va donner une nouvelle orientation à l'enquête. Brianne fait part de la fureur de son père dès qu'elle l'a informé de cette petite conversation provoquée qui l'avait effrayée. En tentant d'appeler une amie pour se réconforter, elle a constaté que son père était déjà en communication.

C'est ce fameux coup de fil qui va déclencher la descente aux enfers our Karla GRIZANO qui était "la personne" avec qui Jimmy COLBY parlait au téléphone. Dès lors, Tracy et Kelly sont convaincues que Karla GRIZANO était au courant de la planification du meurtre de Lyle JOYNES par son client et de ce fait devient sa complice.

Les plaidoiries de Tracy Karla mettent en exergue deux aspects fondamentaux de la justice : la justice du peuple qui réclame vengeance et s'autorise le droit de vie et de mort sur un individu qu'il estime nuisible et la justice des lois qui, indépendamment de la monstruosité des crimes commis, trouve sa source et sa légitimité que dans ces lois et leur application.
Le Jury n'est insensible ni à l'une ni à l'autre des plaidoiries et rien n'est encore joué pour Tracy ou Karla.

Pendant ce temps, Hector et Chris, nos détectives, ne sont pas restés inactifs et ont retrouvé le véhicule aperçu sur les lieux du crime et qui bien curieusement appartient à...l'ex mari de Karla GRIZANO...
Cela vient conforter Tracy et Kelly dans le fait que Karla GRIZANO est indéniablement impliquée dans ce meurtre. Pire, qu'elle en est l'instigatrice en ayant incité son client à le commettre.

Elles s'emploient donc à vouloir retourner Jimmy COLBY contre son avocate devant le uge. Cela marche car COLBY, dans un sursaut désespéré de lucidité, déballe tout au juge et surtout devant son avocate, ébahie.

Cette scène finale est énorme car on distingue dans le regard estomaqué de l'avocate celuid'une bête traquée par tous : son propre client qu'elle pensait consciemment ou inconsciemmentcontrôler, des procureurs déterminées à la coincer et la mettre hors circuit et jusqu'à la sortie de la salle du tribunal vers laquelle elle se dirige en dernier recours, calmement, avant d'être accueilli par un ténébraux officier de policier lui bloquant le passage.

Cet épisode est un des meilleurs de cette ( unique saison ????? merci bande de connards de NBC ) saison. Une interprétation excellente et le caractère particulier du sujet sont très bien évoqués. Cela n'engage que mon opinion personnelle mais comment se comporter face à une douleur qui nous touche de très près et qui vient nous remuer jusque dans les tripes jusqu'à nous faire chambouler la tête et commettre l'irréparable ? Se mettre en marge de la justice et se substituer à elle et se dire que c'est trop facile de buter quelqu'un que l'on pense dangereux pour la société et qui nous a atteint dans notre chair ? La critique peut paraître aisée lorsque nous analysons des faits devant notre télé et tentons de les apprécier d'un regard objectif, uniquement en qualité d'observateur.

Mais la justice doit rester ce qu'elle est pour ne pas anarchiser et vendettiser un système judiciaire qui doit scrupuleusement oeuvrer en conformité avec des lois édictées et qui constituent la base de la protection de l'individu dans la société ( à priori et en théorie bien sûr )

Review réalisée par csivore

Episode diffusé sur NBC le 11/03/2005
Review en ligne depuis le 08/06/2005

Note : Les épisodes dont les titres sont suivis d'une étoile (*)
sont inédits en France (ou l'étaient au moment de la mise en ligne de la review).








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