Dexter sur Showtime (Présentation sommaire sans spoilers)
Pour les plus cultivés, la série de Showtime aux douzes épisodes est
une adaptation du livre de Jeff Lindsay "Ce cher Dexter" . Pour caricaturer selon moi, Dexter est une réactualisation du
Docteur Jekill and Mister Hyde à Miami.
Dexter a fait l'actualité cette semaine puisque Canal+ a annoncé l'acquisition de la série qui sera rediffusé ensuite sur TF1. L'achat de Canal n'est pas surprenant mais celui de tf1 si. D'aprés les neuf premiers épisodes, cette série ne peut être programmé en prime-time et semble condamné à une diffusion au delà de minuit. Pourquoi ? Parcequ'en lisant le concept et le synopsis de Dexter, ça s'annonce mal sur le papier...
Et cela se confirme d'aprés le visionnage des trois premiers épisodes qui sont assez déroutants et qui offre une ambiance malsaine pour le télespectateur de base , et c'est le moment idéal pour abandonner la série... car ensuite c'est trop tard ! L'histoire déroule son cours et le télespectateur est piégé car il n'a qu'une hate, à savoir, connaitre la suite ! L'envoutement de la série a opéré...
Pour présenter simplement Dexter, on dira que Morgan Dexter est médecin légiste au police department de Miami et que la nuit tombée, Dexter devient un justicier de l'ombre qui tue sans remord avec une glaceur effrayante et le tout sans attirer la moindre attention parmi son proche entourage ou sans éveiller le moindre soupson de ces collégues, des policiers quand même...
Quel est le point fort de ce nouveau show ?
En un mot : Michael C. Hall ! Son interprétation du personnage de Dexter Morgan est époustouflante !
Ce qui est incroyable avec les séries américaines, c'est la faculté qu'ont les acteurs américains à interpréter les scénarios les plus improbables avec des personnages les plus incensés. Quand j'ai lu le synopsis de Dexter, je me suis dit que c'était impossible à jouer pour un acteur. Mais je me trompais. Car Michael C. Hall joue la comédie avec une justesse qui force le respect et c'est ça qui vous pousse à continuer à regarder Dexter.
En regardant Dexter comme en regardant The Wire, on se rend compte qu'il existe un fossé entre les séries populaires diffusés sur le hertzien et les séries diffusées sur les chaines cablées ou satellitaires. Une question de rythme et de narration.
Comme The Wire, Dexter est une série au rythme lent et qui prend son temps pour décortiquer le quotidien de ses personnages principaux. L'avantage d'un rytme lent c'est que c'est abordable pour suivre le show en version originale pure.
Pour l'adaptation en version française, tout va se jouer dans la qualité du doublage mais pas d'inquiétude à avoir car les séries acquises par Canal+ sont sans doute les mieux doublées du paf en vf avec celles de tf1. Et j'ai hate de voir le résultat. Qui pour doubler Michael C. Hall ?
Dés le début, on sait à quoi s'attendre avec Dexter Morgan, monstre à la froideur glaciale. Le médecin-lègiste, surnommé Dex, surprend d'entré et agace quand il entame la narration du show en voix off, plombant ainsi la série dans une ambiance malsaine car le téléspectateur sait à tout moment ce que pense Dexter. Ses pensées dévoilées sans cachoterie plongent le viewer en apnée dans des eaux troublées et le télespectateur aura du mal à remonter en surface, vu l'inquiétant personnage qu'est Morgan Dexter.
Quand on sait comment ce boureau traite ses victimes (des personnages les plus répugnants de la ville de Miami précisons-le) on est consterné de voir Dexter s'amuser avec des enfants en bas-âge avec autant de naturel, on frémit devant la bienveillance de Dex avec les personnes agées, on est interloqué de voir Dex se fondre aussi bien dans la masse, d'être aussi bien intingré dans son service de police : c'est hallucinant !
Dans les polars, les psy nous rabachent que tuer sans éprouver le moindre remord relève d'une maladie extréme et inguérissable. Pourtant quand on voit Dexter gérer son quotidien, on en a pas l'impression. Morgan Dexter arrive à gérer une dichtomie comportementale dans le show qui a de quoi impressionner.
Et agacer aussi... En tant que téléspectateur, il y a de quoi être consterné en se rendant compte que Dexter est aimé des petits enfants (On frémit pour ses derniers s'ils sont turbulents), c'est consternant de constater les bons rapport que Dexter entretient avec son proche entourage, son caractére taciturne sa timidité évidente ses sourires ravageurs son charisme involontaire, bref le télespectateur en tombe des nues quand on se rend compte que Dexter Morgan est aprécié des... femmes ! On sait que ces dernières ont (parfois) le vilain défaut d'être attiré par les bad guys, mais bon sang on se dit : pas Dexter... et bien si

!
Malgré sa voix off qui rend l'ambiance lourdingue, Dexter surprend par son comportement au quotidien, par son côté chaméléon à cacher aux autres ce qu'il est vraiment à savoir un tueur en série. Glaçant. Quand on regarde le légiste de Miami, on guette la personne qui va agacer Dex, qui va lui faire péter un plomb car on sait que Dexter est impitoyable, il semble fort en apparence mais il est si fragile au fond car si malade. Michael C. Hall nous relate et nous montre tout ça par son jeu d'acteur excellentissime
Revenons à Morgan Dexter : comment a-t-il pu en arriver là ?
La série offre son lot de flash backs sur l'adolescence de Dex et sans surprise, Dexter a subi une éducation catastrophique par son père qui a voulu faire de son fils un homme, un chasseur, un survivant. Les flash back sur l'enfance de Dexter Morgan sont un des fils rouges de la narration du show.
Mais l'arc narratif majeur de la série réside dans la confrontation entre le médecin-légiste et un autre serial-killer. Un jeu de piste s'enclenche dés le deuxième épisode. Dexter est pris dans un jeu du chat et de la souri avec un adversaire qui va chercher à l'impressionner. Dexter est un tueur en série par idéal. Mais l'autre est un tueur en série au naturel, un vrai sadique encore plus monstrueux que Dex, forcé de subir le "playing cat and mouse" de son rival de la nuit surnommé Ice Truck.
Ce qui rend la série regardable, c'est le faible temps d'antenne des scénes dites "difficiles". Comme dans CSI, c'est trés bref. Sur un épisode de 53 minutes, il ne doit y avoir que 3 minutes trash, pas plus. Donc c'est regardable.
Sans cet adversaire qui le hante, le quotidien de Dexter Morgan était déjà hard à gérer. Là , avec le tueur frigorifique, c'est encore plus de pression pour le médecin-légiste qui est sur la corde raide car il craint d'être démasqué par cet inconnu qui pourrait le balancer à ses collégues policiers. Bref, Dexter accumule de la pression à tel point qu'il doutera de son côté "being an insider" et qu'il éprouve la necessité de "Feeling the need to connect with someone".
Or quand Dex avoue son envie de se connecter, il s'y prend trés mal. Il n'a jamais dit à personne qu'il est un serial-killer et quand ça arrive dans le show, les secondes à vivre du confident sont comptées, Dexter nous rappelant violemment quel est sa face noire, endormie par le tact de Rita, mais avec Dex il faut se méfier de l'eau qui dort.
A ce stade de la diffusion, nous savons qui est Ice Truck. L'identité de ce sinistre personnage a été un mystére permanent. Est-ce un proche de Dexter ou une personne extérieure ? Un homme ou une femme ? Le show a levé enfin le voile. Y aura-t-il connexion entre les deux tueurs ? Wait and see. Mais on frémit déjà à l'idée de l'association de ce duo de malades. Faudrait qu'au final il n'en reste qu'1 comme dans Higlander parceque sinon, il faudra appeler Horatio Caine pour venir siffler la fin de la récréation entre ces deux psychopathes de Miami...
Voila voila c'était une petit topo sur Dexter, la série qui fait couler de l'encre et un peu de sang dans les zods...
Pour récapituler, on dira que :
- les fans de CI ET de The Wire REGARDERONT inévitablement DEXTER
- le synopsis est merdique comme le concept
- l'ambiance est malsaine à souhait
- la voix off de Dexter est gonflante
- Michael C. Hall est impressionnant
- rythme lent, réalisation moyenne
- les personnages secondaires sont bons
- le générique dure 2 minutes et est suivi du previously
- la série ne sera jamais populaire à moins que nos ménagères décident délibérément de perdre la tête
Conclusion : Dexter est une mauvaise série qu'on ne peut pas s'empécher de regarder. Dexter n'est pas un guilty pleasure puisqu'il représente le nirvana du mauvais gout. Alors ne vous laissez pas piéger, abandonnez la série dés le pilot sinon tant pis pour vous...
Philou, qui ne scande pas : noirceur totale hurrah et qui va regarder un film gnangnan à l'eau de rose en dvd histoire d'oublier Dexter
