Voici les comptes-rendus (bien plus longs que des résumés, désolée ^^) que j'ai faits des vidéos. Je m'excuse si tout n'est pas clair, j'ai parfois du mal à suivre ou à rendre au plus près ce que Vincent D'Onofrio veut dire.
1ere vidéo : La série représente dix ans de sa vie, alors qu'il pensait au départ ne faire que 13 épisodes. Ils ont essayé différentes versions au fil des épisodes parce qu'il ne voulait plus continuer. Au bout de 5 ans, il s'est dit qu'il avait gagné assez d'argent, et il était épuisé, ils devaient donc trouver une solution pour qu'il continue. Ils ont essayé de faire différentes versions de la série, mais ça n'a pas marché. Il aurait aimé que la série marche avec Jeff Goldblum (qu'il adore), il aurait aimé qu'il prenne le relais pour lui permettre de quitter la série sans se sentir coupable. Mais sans sa participation, la série a chuté. Il restait 8 épisodes dans le contrat avec la chaîne, et Dick Wolf l'a appelé pour qu'il revienne, et les épisodes ont rencontré le succès. Le socle de fans de la série est incroyable. Les épisodes avec Goldblum n'ont pas marché parce que lui et Kathryn Erbe n'y figuraient pas. Dès qu’ils sont revenus, ils ont rassemblé 5 millions de téléspectateurs, ce qui est énorme pour une chaîne du câble. Sa série préférée de l’année précédente était "The Killing", et elle a à peine réuni 1 million de spectateurs. "Law & Order" a fait de lui un meilleur acteur. Avant, il était un acteur convenable, mais il a appris beaucoup et très vite, il est sûr de lui, il n’a pas peur d’essayer des choses. Ces 10 ans ont fait de lui un acteur bien plus sûr de lui qu’il ne l’aurait imaginé. Ce qui l’attire, c’est ce dont il a peur (en tant que comédien). Il avait peur, il était stressé de devoir s’engager dans certaines choses, d’échouer ou de réussir. Et aujourd’hui, à 53 ans, grâce à ces 10 années sur "L&O", à son âge et à son expérience, il ne va que vers ce qui l’effraie.
"L&O" n’était pas déplaisant, mais ça nécessitait beaucoup de travail. On peut penser que c’est idiot, qu’il gagne beaucoup d’argent et qu’il a une vie glamour, mais ce n’est pas le cas : il mène une vie d’acteur qui travaille. Il ne fréquente pas les fêtes d’Hollywood, il n’a pas de publiciste, il fait sûrement les trucs les plus ennuyeux au monde dans son quotidien, et puis ensuite il va travailler en jouant la comédie. Lorsqu’il est au travail, et que sa journée a duré 19 heures, il est fatigué. C’était déjà le cas quand il avait 40 ans, et vivre à ce rythme 10 mois d’affilé, c’est épuisant. Et un jour, on se réveille en se disant : « Ca ne m’intéresse plus de faire gagner de l’argent à tout le monde. Je suis fatigué, et je veux m’arrêter là. » Il ne veut pas paraître négatif, il veut juste être honnête. Mais en ce qui concerne la série et le personnage qu’il a créé, c’est très cher à son cœur.
2eme vidéo : Il y a de quoi être fier. Lorsqu’il parle de choses personnelles avec son entourage (sa femme, sa sœur, son frère), c’est une des choses dont il est le plus fier, ce qu’il a accompli dans cette série. Que ça signifie quelque chose pour les autres ou pas, c’est tellement difficile de réussir quelque chose dans la vie. La construction du personnage de Goren a permis aux gens de voyager (s'évader ?), c’est un aboutissement incroyable, et il chérit ça. Il serait prêt a reproduire l’expérience sans hésiter.
3eme vidéo : Il est capable d’apprendre 11 pages de dialogues en une heure, grâce à ses 30 ans de carrière. Il ne parle pas des techniques du métier d’acteur parce qu’il ne conçoit pas que les gens qui ne sont pas comédiens puissent être intéressés par ça. Tout revient à l’histoire. En tant qu’acteur, on ne peut pas penser qu’on est la raison de faire le film (ou autres). On lit l’histoire, comme tout le monde, plusieurs fois, et dans sa tête se forme sa propre participation à l’histoire : comment son personnage aide à la narration de cette histoire, la composition du personnage au sein de la structure du scénario. C’est comme une tâche jaune dans le coin d’un tableau : il ne faut pas qu’elle soit trop brillante ni trop terne, il faut qu’elle s’accorde avec la composition du tableau. C’est le début du processus. Comment rendre le personnage intéressant ? Qu’est-ce qui va aider à raconter l’histoire ? Comment l’histoire influence son personnage ? Qu’est-ce que l’histoire raconte de son personnage ? Qu’est-ce que les autres personnages disent de son personnage ? Quel est le voyage du personnage ? Si on pense au personnage comme à un outil qui aide à raconter l’histoire, où se trouve cet outil ? A quel moment est-ce qu’il travaille ? A quel moment est-il en retrait ? Et ainsi de suite, tout au long de l’arc de l’histoire. Il en ressort des idées, qu’on teste. Il ne connaissait pas la télévision, et il pensait qu’on pouvait jouer à la télévision comme dans les films. Il a établi une manière de parler pour Goren qui n’était pas ce à quoi la télé était habituée, et il l’ignorait. Le studio s’est plaint qu’il marquait trop de pauses, que ça ne se faisait pas à la télé, qu’on ne s’arrêtait pas car le montage devient compliqué lorsqu’on s’interrompt au milieu d’un dialogue. On lui a reproché ce genre de choses, mais il a choisi de les ignorer. La manière de prononcer les mots, la gestuelle d’un personnage… Est-ce que quelqu’un se pencherait vraiment dans la vie réelle
comme le fait Goren ? Ils [le studio] parlaient comme s’ils étaient des artistes. Lui trouvait ça ridicule. Tout est parti de l’acteur qu’il interrogeait dans la série : il n’arrêtait pas de baisser les yeux sur la table, donc lui s’est penché pour capter son regard. Ce genre de choses viennent des choix qu’on fait, et quand on rentre chez soi, on étudie ses dialogues. Et on apprend ces dialogues par cœur, au mot près, parce qu’on ne peut pas se retrouver sur le plateau de tournage sans savoir son texte, parce que sinon beaucoup des gens qui travaillent (l’équipe technique) devra patienter pour que l’acteur se mette au boulot, et ils n’aiment pas ça.