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Le concept de Law & Order (New York District) est relativement
simple puisqu'il consiste à aborder le système judiciaire dans son ensemble (du crime au procès, jusqu'à
l'éventuelle condamnation). Pour y parvenir, chaque épisode est divisé en deux parties ("distinctes
et d'égales importance" comme nous l'annonce l'introduction verbale :).
Chaque épisode s'ouvre sur une séquence introductive d'une durée variable, bien que n'excédant que rarement
les cinq minutes, nous présentant la situation (le plus souvent, il s'agit de la découverte d'un corps inerte par un
civil).
Passé le générique, la première partie démarre et nous propose de suivre l'enquête
menée par un duo d'inspecteurs de la police de New York, ces derniers chercheront à recueillir un maximum
d'éléments afin d'identifier le criminel et de permettre au procureur (le District Attorney ou D.A.) d'avoir
toutes les cartes en main pour obtenir une condamnation lors du procès.
Dans la seconde moitié de l'épisode, nous suivons le procureur (le D.A. donc) qui entame une bataille juridique
avec le (ou les) avocat(s) de la défense (à coup de requêtes et de négociations houleuses). La
condamnation est souvent bien plus complexe à obtenir qu'il n'y paraît, puisque le procureur se doit de convaincre
le jury de la culpabilité de l'accusé au-delà du "doute raisonnable".
Derrière un générique à dominante bleu et rouge, laissant présager un programme au
patriotisme niais ou malsain, se cache en fait une série intelligente dénonçant, habilement, les
dysfonctionnements et travers du système judiciaire américain (montrant, par exemple, comment les criminels
peuvent parfois être plus protégés par la loi que leurs victimes...).
Au final, la série de Dick Wolf évite de tomber dans l'écueil du moralisme bon
teint ainsi que dans celui du manichéisme simpliste, les accusés n'étant que rarement des monstres insensibles,
mais plutôt des gens simples ayant basculé dans le crime par avidité, jalousie ou passion. Inversement, les
victimes sont parfois plus facilement haïssables que leurs assassins.
S'il y avait quelques reproches à adresser aux scénaristes de la série, ce serait probablement la trop forte
propension à faire assassiner, dans les dernières secondes des épisodes, les accusés qui ont
été déclarés non coupable par le jury (surtout dans les premières saisons) ou encore les trop
grosses ficelles employées sur certains scripts.
Mais dans l'ensemble, c'est bel et bien au niveau de l'écriture que se situe le principal point fort de la série
(comme pour toutes les grandes séries d'ailleurs).
L'interprétation n'est pas en reste, puisque malgré de fréquents changements dans le casting, la série
parvient à faire cohabiter subtilement acteurs connus (Paul Sorvino,
Sam Waterston, Dianne Wiest) et inconnus
(Jill Hennessy, Chris Noth).
Les téléspectateurs américains ne s'y sont pas trompés en accordant à la création de Wolf
le succès qu'elle mérite depuis plus d'une décennie.
Alors, Law & Order, le concept ultime de série juridico-policière ?
Répondre par l'affirmative serait sans doute un peu présomptueux, mais une chose est certaine, on ne doit
pas être loin de ce fameux "concept ultime", et ce n'est pas NBC qui viendra affirmer le contraire, la chaîne
américaine programmant, en cette rentrée 2001, deux spin-offs de sa série phare
(Criminal Intent et Special Victims Unit) parallèlement à
la diffusion de la douzième saison de Law & Order (New York District).
Rubriques connexes:
Présentation du créateur de la série: Dick Wolf
Le prégénérique du pilote de la série
Le générique de la série
Extrait de Les grandes séries... par A. Carrazé et JJ Schleret
Dossier sur la série extrait du Génération Séries N°23
Extrait de Les séries télé par Martin Winckler
Article extrait de Télérama (septembre 2003)
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