New York District (New York Police Judiciaire)

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24 Février 2018


La réalité en prise directe
Publié par Valerie Cadet dans Le Monde le 09/02/02.


13ème RUE inaugure la 10e saison de " Law Order " (" New York District "), série sobre et percutante

NEW YORK de notre envoyée spéciale - NEW YORK, mi-janvier. Un après-midi pluvieux sur les docks, derrière le quartier de Chelsea. Tout se tient au deuxième étage d'un bâtiment sans grâce mais avec vue imprenable sur l'Hudson River. On est au coeur des décors quasi inamovibles de la série " Law Order " (" New York District " pour la traduction française). Boiseries chaudes de la cour ; dominante métallique et fonctionnelle des bureaux des enquêteurs ; grisaille de la cellule et de la salle d'interrogatoire avec vitre sans tain.

Silence absolu dans les couloirs : l'équipe des policiers - le detective Lennie Briscoe (Jerry Orbach), son acolyte Eddie Green (Jesse L. Martin), tous deux sous la direction d'Anita Van Buren (S. Epatha Merkerson), leur lieutenant - campe une séquence d'investigation dans une pièce étroite bourrée d'ordinateurs. Entre deux prises de cette scène aussi précise que sérieuse, l'ambiance est à la franche rigolade. A mi-chemin de la douzième saison (vingt-cinq épisodes à raison de huit jours de tournage par épisode), ils sont là depuis 7 h 30 du matin. Comme souvent, le travail se prolongera sans doute jusqu'à 23 heures. Ils n'en seront pas moins accueillants et attentifs envers les visiteurs venus d'outre-Atlantique les interroger sur les ressorts de cette série dramatique réaliste d'exceptionnelle longévité. C'est aussi l'unique série entièrement réalisée à New York, en studio et en décors naturels - ce dont les acteurs, profondément attachés à la singularité de la Big Apple, sont particulièrement fiers -, et la plus souvent nominée et primée dans l'histoire de la télévision américaine.

Créée et produite par Dick Wolf, " Law Order " s'est imposée par l'efficacité de son concept. Densité et puissance des scénarios, élaborés à partir de faits divers réels (la presque-totalité des auteurs est à Los Angeles, en relation quotidienne avec l'équipe new- yorkaise des producteurs exécutifs, Jeffrey Hayes au premier chef). Sobriété de l'image et de la forme, montage au cordeau, sécheresse des dialogues, distribution impeccable - jusque dans les moindres rôles, recrues souvent fidélisées des écoles de théâtre de New York et ses environs.

Cette série est ce que l'on appelle un Formula Show. Autrement dit une suite d'histoires indépendantes les unes des autres, conçues selon un schéma narratif immuable. Exposition d'un meurtre ou un délit, puis générique en survol sur la cité, illustré par le thème musical de Mike Post et ponctué par cet avertissement : " Dans le système pénal, le ministère public est représenté par deux groupes d'égale importance : la police enquête sur les crimes, et les procureurs poursuivent les criminels. Voici leur histoire. " A mi-parcours de chaque épisode, une fois achevée l'investigation, l'affaire passe ainsi entre les mains des figures de la justice : le district attorney ( DA, c'est-à-dire le procureur), incarné jusqu'à la 11e saison par le très sage Adam Schiff (Steven Hill, au jeu remarquablement tenu) ; l' executive assistant district attorney ( EADA, substitut du procureur), depuis la saison 5 Jack McCoy (Sam Waterston), d'origine irlandaise et extrêmement déterminé ; enfin l' assistant district attorney ( ADA, adjointe au substitut), campée par l'indépendante et ambitieuse Abbie Carmichael (Angie Harmon) depuis la saison 9.

Toute l'originalité de " Law Order " réside dans cette apparente simplicité et cette pérennité du cadre narratif. Même avec des rôles très soignés, les protagonistes - six personnages en quête de justice dont l'épaisseur et la vie privée ne sont dévoilées qu'à petites touches au fil des saisons - sont volontairement placés en retrait des véritables héros de la série : la société américaine dans toute sa diversité, et le système judiciaire, aux arcanes prodigieusement complexes et retors - de l'instruction de l'affaire aux tractations entre la partie civile et la défense, en passant par les rebondissements de la contre-enquête. Les traits de caractère, comme l'histoire implicite de chacun, ne se dessinent vraiment qu'à travers la confrontation des idées et les conflits surgissant à la faveur de tel ou tel cas traité.

Ni moraliste ni manichéenne, " Law Order " est en prise directe avec les maladies de l'époque - violence, misère, désarroi. Elle ne s'épargne pas les sujets polémiques ou tabous - le marché des armes à feu, la peine de mort, le système de protection sociale, la condition des minorités... Contre-pouvoirs, réseaux d'influences, enjeux politiques et subtilités procédurières anéantissent parfois en dernière minute tous les efforts de justice et de réparation. Quelles que soient sa colère ou sa tristesse, chacun n'en poursuit pas moins sa tâche. Le plus dignement possible. Comme le rappelle le procureur Adam Shiff au substitut McCoy en conclusion du puissant épisode de la 10e saison inaugurée sur 13ème RUE : " It's not about being right, it's about doing right "( " La question n'est pas d'être dans le bien, mais de bien faire ").

Article issu de Le Monde et
initialement publié le 09/02/02.




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