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25 Juin 2018


Séries américaines, nouvelle génération
Publié par Claudine Mulard dans Le Monde le 25/10/99.


La rentrée télé outre-Atlantique fait la part belle aux feuilletons et aux sitcoms. Les grandes chaînes hertziennes privilégient les thèmes familiaux, mais ne craignent pas les dialogues " adultes " pour répondre à la concurrence grandissante du câble

SUR l'air de " Ce soir, je serai la plus belle... ", la rentrée de septembre est un moment fatidique pour les chaînes hertziennes américaines (les networks). Les nouvelles séries et sitcoms sont l'occasion, irremplaçable, de tenter de séduire les téléspectateurs distraits par le développement du câble ou d'Internet, et de transformer les " pilotes " en succès maison. Cet automne offre quelques nouveautés de qualité et se distingue par une tentative de retour à la formule familiale, un come-back des séries dramatiques face aux sitcoms, et la domination des créateurs connus pour leur signature.

La chaîne ABC a crié victoire la première en annonçant sur de pleines pages publicitaires : " Les critiques et le public ont vécu la même chose : un coup de foudre. " La série " Once and Again ", créée par Edward Zwick et Marshall Herskovitz, producteurs de " Thirtysomething " et de " My So-Called Life " (" Angela, 15 ans ", avec Claire Danes diffusée sur Canal Jimmy en v.o. puis en v.f. sur France 2), démontre le talent des scénaristes hollywoodiens à s'emparer d'un phénomène de société (l'après-divorce) pour écrire une série " de proximité ", dans laquelle les téléspectateurs peuvent se reconnaître. Ici, un architecte sexy interprété par Billy Campbell, et une femme jouée par Sela Ward, belle comme Carole Bouquet, éprouvent un coup de foudre. L'un est divorcé, l'autre séparée, avec des enfants adolescents d'un premier mariage, et ils doivent gérer leurs sentiments nouveaux, leurs familles et leurs " ex ".

" Famille " est le mot magique des networks qui tentent de rattraper leur audience. " Once and again " est bien un " family drama ", même si la famille en question, à l'image de la société contemporaine, n'est plus mononucléaire comme dans le " Cosby Show " qui fit les délices des 20 heures de M 6. Mais qu'on ne s'y trompe pas : familial n'est pas synonyme de prude, et cette rentrée offre des dialogues " adultes ", les networks se sachant en compétition avec le câble et des émissions plus osées, comme " Sex in the city ", programmée par la chaîne câblée HBO qui diffuse aussi " Les Soprano " et qu'on retrouvera sur Teva en v.o. dès le 31 octobre.

Les networks doivent réagir à une fragmentation de l'audience accélérée non seulement par la multiplication des chaînes mais aussi par le nombre de téléviseurs au sein même des foyers. La série dramatique ou la sitcom familiale est la formule qui fédère toutes les tranches d'âge et fait grimper l'Audimat. Les séries offrent un avantage : le suspense rebondit d'épisode en épisode et fidélise le public, davantage qu'une sitcom, qui offre un mini-scénario complet par épisode.

On peut ainsi imaginer " The West Wing " (NBC), autre gros succès de la rentrée, comme une sitcom qui nous plonge au sein de la famille nombreuse de la Maison Blanche (" west wing " désigne l'aile ouest où sont installés les bureaux). Avec un Martin Sheen en président idéaliste, un Rob Lowe en responsable de la communication, " The West Wing " épouse le rythme trépidant de la vie politique, ses cris, ses hurlements, avec l'humour en plus, et absorbe habilement des thèmes d'actualité en vogue (contrôle des armes, droite religieuse...). Son créateur, Aaron Sorkin, est un récidiviste. Il est déjà le scénariste de Le Président et Miss Wade, film de Rob Reiner (1995) avec Michael Douglas et Annette Bening. Et sa comédie " Sports Night " (les coulisses d'un magazine sportif) entre dans sa deuxième saison avec un bon score d'audience, et les félicitations des critiques. Comme Steven Bochco ou David E. Kelley, il est l'auteur - talentueux -, de la plupart des scénarios, et a même aboli les rires en boîte dans ses sitcoms.

La fascination pour l'univers juridique ne se calme guère sur le petit écran américain, y compris avec une variation du remarquable " Law & Order ", de Dick Wolf (New York District sur 13e Rue). On peut parier sur l'avenir de " Judging Amy ", une série de CBS sur une femme juge, qui décroche la plus forte audience parmi les nouveautés de la saison, en neuvième position. " Action ", en revanche, a reçu un accueil boudeur aux Etats-Unis, mais sa présentation du milieu hollywoodien, archi-caricaturale pour les uns, plus vraie que nature pour d'autres, plaît déjà beaucoup aux acheteurs étrangers.

Mais l'homme de la rentrée c'est David E. Kelley, qui produit suffisamment de shows, anciens et nouveaux, pour meubler une soirée entière. Les agitations névrotiques d'" Ally McBeal " sont toujours là, ainsi qu'une autre version édulcorée, simplement titrée " Ally " (Fox). " The Practice " (sur Série Club) a bénéficié de son deuxième Emmy consécutif de meilleure série dramatique et décroché une onzième place au dernier Audimat. Kelley innove avec " Snoops " à l'allure visuellement très syncopée, très branchée, qui nous entraîne dans les combines d'une agence de détectives privé(e)s prêt(e)s à tout, sous la conduite de leur sémillante patronne, interprétée par la brune Nina Gershon.

En revanche, il n'y a guère de concurrence sérieuse, cet automne, entre les ténors de la spiritualité et des bons sentiments que sont " Touched by an Angel " sur CBS (" Les Anges du bonheur " sur Teva), " 7th Heaven " (Warner) et " Providence " (NBC), et les idées noires de Chris Carter ne sont plus dans le ton. Son macabre " Millennium " s'arrête et sa nouvelle série " Harsh Realms " (la réalité virtuelle d'un dangereux ordinateur) souffre de la comparaison avec " X-Files ", qui en serait à sa septième et dernière saison.

Certains vétérans ont davantage de chance. " ER " (" Urgences " sur France 2) qu'on disait menacé par le départ de George Clooney, a repris sa première place en drainant plus de 30 millions de téléspectateurs, suivi par " Friends " qu'on retrouve sur Canal Jimmy et France 2 (21 millions). Mais, un mois à peine après le début de la nouvelle saison, les anciens se savent sérieusement talonnés par les nouveaux.

Cette rentrée a eu son lot de shows pour adolescents, sacro-sainte tranche démographique qui obsède les annonceurs et donc les networks. On a même droit à trois adolescents extraterrestres dans " Roswell ", du nom du lieu culte de l'ufologie. " Freaks and Geeks " est heureusement situé dans les années 80 et évite ainsi la comparaison avec la tragédie récente de Littleton, car sa problématique - les clans dans les écoles -, est similaire, mais en version comique.

Les networks tentent de rentabiliser au plus vite leurs succès. Leur dernière astuce consiste à rediffuser leurs programmes presque simultanément sur des chaînes câblées (à la différence de la syndication, toujours décalée d'au moins une saison). Ils envisagent aussi de diffuser un épisode plusieurs fois pendant la même semaine, du jamais-vu sur des chaînes hertziennes. Rediffusion, donc ? Par un accord commun, les chaînes viennent justement de bannir ce vilain mot de leur vocabulaire offi-ciel. Les téléspectateurs éprouveront-ils juste un sentiment de déjà-vu ou de recyclage ?

Article issu de Le Monde et
initialement publié le 25/10/99.




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