New York District (New York Police Judiciaire)

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28 Mai 2020

New York District / New York Police Judiciaire

Episode 15.05 : Gunplay

Review réalisée par Jéjé


Did Law & Order jump the shark ?

Ceux qui connaissent l’expression et le site www.jumptheshark.com peuvent comprendre à quel point cet épisode m’a inquiété…
Pour les autres, sachez qu’une série qui « jumped the shark » (y’a pas vraiment d’équivalent français, une série qui a sauté le requin… bof !) est une série, qui a un moment donné de son existence (une évolution particulière de l’intrigue, l’arrivée d’un nouveau personnage, le départ d’un scénariste…), est arrivée à un point de non retour tel qu’il n’est plus possible ensuite de la regarder avec le même plaisir. Ce point de non retour, ce moment où la série « saute le requin » (finalement, on s'y fait...) définit dans son histoire un avant (l’âge d’or) et un après (l’enfer de la médiocrité) !

Quelques exemples…
Quand dans sa saison 5, Ally McBeal se découvre une fille de 10 ans, la série saute pour de bon le requin… (selon moi)
Quand Tony et Angela se mettent ensemble dans « Madame est servie »… (selon moi)
Quand Elisabeth Röhm arrive dans « Law & Order »… (selon de nombreux fans américains…)

Que s’est-il donc passé dans cet épisode pour que j’en vienne à invoquer ce douloureux rite de passage qui touche de trop nombreuses bonnes séries qui durent ? Je vous rappelle que j’adore Elisabeth Röhm et son personnage… et que Arthur Branch est un personnage qui ne me dérange pas…

Tout commence dès le prégénérique.
Deux flics sous couverture (faisant partie d’une brigade anti-armes à feu) ont été abattus dans leur voiture et ont été laissés sur la chaussée. Van Buren, Green, Fontana et le Dr. Rogers sont sur les lieux.
Green connaissait une des deux victimes. Le Détective Calvin May.

Extraits de dialogues :
Green : « Cal… » (sanglots étouffés)
Van Buren : « You knew this guy ? »
Green : « He was a friend. […] »
Dr Rogers : « One shot each. The officer on my right… » Green, interrompant le médecin d’une voix crispée : « Calvin May. »
Dr Rogers : « […] The driver… »
Fontana, l’interrompant sur le même ton grandiloquent que son partenaire : « Detective Richmond. »

Le Dr Rogers fait à nouveau une pause dans ses explications de légiste, et lance Fontana un regard que j’interprète comme étant une expression de compassion mais de grande interrogation. Peut être pas celle du Dr Rogers, plutôt celle de Leslie Hendrix (son interprète). Elle, qui fut présente sur les plateaux de « Law & Order » depuis 1992, qui a fait des apparitions dans les deux spin offs et même dans le téléfilm avec Chris Noth, comme le simple spectateur, semble se demander si elle ne s’est pas trompée de série. Ce pathos si lourd et ces situation et dialogues si clichés ont plutôt leur place dans un script de « CSI :Miami »…

Mais ne paniquons pas, « Law & Order » sait en général retomber sur ses pattes.

Fontana et Green, pour essayer de comprendre comment la vente d’armes organisée entre leurs deux collègues sous couverture et des trafiquants à pu à ce point dégénérer, commencent leur enquête en interrogeant le voisinage. Par ce biais, ils interpellent un premier suspect, dont l’interrogatoire est marqué par une sortie tristement clichée (à nouveau) d’un Green dans tous ses états, quand l’homme questionné fait une référence nonchalante aux deux morts.
« Two police officers, Trevor. Two cops ! »
Allez, cette scène n’est pas très grave… C’est normal que Green soit sur les nerfs ! Ce n’est pas un problème…
L’enquête poursuit son cours et F&G remontent jusqu’à un certain Ramzi, fournisseur en armes des trafiquants assassins supposés, qu’ils retrouvent mort dans son appartement avec les armes de services de Cal…(sanglots) et du Détective Richmond.

Van Buren analyse les faits recueillis jusque là et décide qu’il leur faut quelqu’un dans le milieu des trafiquants. Elle en parlera au chef de la brigade anti-armes lors de l’enterrement des détectives.

Dans la scène suivante, F&G sont à la dite brigade et conversent avec une collègue de Cal…(sanglots)…
Ah non, je fais une petite erreur, habitué que je suis à une utilisation intelligente de l’ellipse par les scénaristes de la série.
Aujourd’hui, nous avons le droit à une scène complètement inutile à l’enterrement.

Extraits de dialogues :
Green, les yeux humides : « Pam, I’m so sorry. This i my partner, Joe Fontana. »
Pam, avec deux petits enfants autour d’elle : « Did you know Calvin too ? »
Fontana : « No, I didn’t. I’m very sorry for your loss. »
Pam : « Thank you for coming Detective. »
Green : « Pam, if you need anything, with the babies, anything at all, let me know it, ok ? »
Pam : « I’m glad you’re on this, Ed. Catch these guys. » (Pleurs)
Green : « Don’t worry about that, all right. » (Pleurs) « Bye babies. » (Pleurs)
Un des enfants : « Bye. »

Il n’y a rien à rajouter, je pense. Du pathos pathétique pour le pathos… Mon Dieu, l’aileron est tout proche !

La collèguede Cal…(sanglots), sous couverture, réussit à rentrer en contact avec les présumés assassins, mais ne parvient pas à leur faire avouer leurs forfaits.
Dans le bureau de Van Bureau, nos policiers s’interrogent sur la suite de l’enquête. Il faudrait un nouvel officier sous couverture.

La caméra tourne autour des trois personnages.
Green : « About I go ? » (Alors ça, Ed, on l’avait pas vu venir…)
Van Buren : « Undercover, I don’t think, Ed ! » (Allez, Anita, tu dis ça pour la forme… J’ai vu plusieurs episodes de “CSI” et des “Dessous de Palm Beach”, tu vas bien lâcher prise…)

La caméra se met à zoomer lentement sur chaque personnage qui parle, et pour bien relever la tension de l’instant, une musique surdramatisante recouvre les dialogues.
Van Buren : « I can’t ask you to do that. »
Green : « You’re not asking me. I’m volunteering. »
Re zoom bien lent sur Van Buren, dubitative mais séduite par tant de courage…
Re zoom sur un Green silencieux et déterminé…

Oh, mon Dieu… (Dans des moments pareils où tout espoir est perdu, j’en viens à demander toute forme d’aide et de support.) Même Constantine Makris, le réalisateur, a été contaminé par la facilité et le trivial…
Le tégument des sélaciens est très froid !

La collègue de Cal… organise une vente entre elle, les suspects et Green, sous couverture… J’aurais préféré qu’il prenne l’expression au sens littéral et qu’il soit au rendez vous avec une couverture en laine à carreaux sur la tête, plutôt que ce pseudo déguisement de rappeur des années 80 qu’il a revêtu alors…
A partir de ce moment, le désespoir m’a gagné.
Evidemment, Green va agir en contradiction des consignes de sécurité et il va abandonner sa partenaire pour rejoindre les suspects dans leur van, qui veulent bien sûr faire la vente à un endroit différent…

Van Buren : « Everyone, move out. Stay as close as you can but don’t get burn. This is exactly what I didn’t want to happen. » Que dire, Anita ?

Green parvient à faire admettre aux deux suspects qu’ils ont tué les deux flics sous couverture et quelques instants plus tard, le van est stoppé par les renforts de la police.

Le requin est passé. La série a sauté. Je vais regarder « CSI :NY » à partir de la semaine prochaine… Il est impossible que Serena et McCoy puissent repasser par dessus le squale…

A moins que…

Et oui, de façon totalement inespérée, la partie judiciaire est très réussie.
Elle fait déjà table rase de Green et de ses sentiments. C’est une bonne chose…
Puis elle fait repartir cette histoire banale de règlements de compte entre gendarmes et voleurs, grâce à un site Internet trouvé par Serena, qui propose en page d’ouverture la photographie d’une dizaine de flics sous couverture.
McCoy et le bureau du D.A. vont alors orienter tous leurs efforts pour faire tomber non pas les exécutants (c’est déjà fait) mais le commanditaire « indirect » des deux meurtres, le propriétaire du dit site.
Il s’agit d’un avocat, qui se protège d’abord derrière le 1er amendement de la constitution et ce, avec succès, mais il est rapidement mis à mal lorsque Serena et McCoy découvrent qu’il était le beau père d’un jeune étudiant, qui faisait un petit trafic d’armes pour payer la fac, abattu lors d’une vente par Cal… et le détective Richmond.
Cette histoire de vengeance est l’occasion pour cet avocat d’évoquer les méthodes des policiers sous couverture, dont l’action pourrait ressembler plus à de l’incitation au crime qu’à une véritable chasse aux vrais criminels.
Cette défense est habilement écrite, car sur le fond les arguments de l’avocat tiennent la route, mais évidemment ils ne justifient pas une telle machination meurtrière, qui n’est pas plus qu’une froide vengeance personnelle. Un verdict de culpabilité est rendu très rapidement par le jury.

Les scénaristes finissent même sur une note très cynique lorsque Serena informe McCoy et Branch que la collègue de Cal… a été impliquée dans une fusillade lors d’une vente sous couverture.
McCoy : « How is she ? »
Serena : « Fine. »
McCoy : « About the suspects ? »
Serena : « They’re at the morgue. »
Branch : « Good. That saves us the trouble… »

Cette partie judiciaire sauve l’épisode de la débâcle totale, et il est à espérer qu’on ne retrouvera pas de sitôt une partie policière si outrancière, si triviale, si « un-law-and-order », ou bien même un quelconque segment de cet acabit.
Finalement, ce requin pourrait n’être qu’un aileron en carton… En tout cas, il m’aura fait bien peur !

Review réalisée par Jéjé

Episode diffusé sur NBC le 20/10/2004
Review en ligne depuis le 30/10/2004

Note : Les épisodes dont les titres sont suivis d'une étoile (*)
sont inédits en France (ou l'étaient au moment de la mise en ligne de la review).







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