Sam Waterston (Jack McCoy)

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Sam Waterston dans "Much Ado About Nothing"

Message par nadou » 12 novembre 2009, 10:41

1972 fut une grande année pour Sam Waterston, déjà 10 ans de théâtre derrière lui - dans des rôles tous très différents des classiques aux contemporains- et cette année là c'est "Much Ado About Nothing" .En français"Beaucoup de bruit pour rien" est une comédie romantique de W.Shakespeare . L'histoire concerne un couple d'amoureux nomme Claudio et Hero,qui doivent se marier.Pour passer le temps avant le jour du mariage,ils conspirent avec Don Pedro à tromper leurs amis,Béatrice et Bénédick,pour leur faire avouer leur amour l'un pour l'autre. Le frère illégitime de Don Pedro,Don Juan,jaloux à la fois du pouvoir de son frère et de l'affection de celui-ci pour Claudio organise un plan de sabotage des noces à venir. Dans la pièce originale cela se passe à Messine . Dans l'adaptation de 1972 du New York Shakespeare Festival les faits se passent début XX à l'époque de Théodore (Teddy) Roosevelt en Amérique. A noter que cette adaptation théâtrale et puis télévisuelle présente beaucoup plus du texte original que la version cinématographique faîte par Kenneth Branagh .
C'est une pièce qui demande aux acteurs de passer rapidement de la comédie à une certaine profondeur.
Sam, dans le rôle du Capitaine Bénédick, y est merveilleux, on le découvre en particulier dans un registre comique auquel nous ne sommes pas habitués . Son interprétation lui a valu un Drama Desk Award, un Obie Award et un New York Drama Critics Circle Award . Ce fut une des grandes réussites théâtrales de l'année 1972 et son adaptation TV de 1973 fut vu par 20 millions de téléspectateurs . Toutes les critiques soulignèrent que c'était un joyaux offert au plus grand nombre .
Un DVD existe zone 1 , bien sûr en anglais. Je dois avouer que j'ai adoré, l'alternance des scènes comiques et des scènes romantiques ou plus sérieuses font merveille et Sam est remarquable dans ce jonglage -
Je vous joins une vidéo que j'ai faîte qui j'espère vous donnera envie de découvrir cette pièce - je sais parfois Shakespeare ce n'est pas évident mais là c'est une comédie et c'est vraiment une réussite - http://www.youtube.com/watch?v=ubQzs06Qk98

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Un autre film dans la foulée "The Glass Menagerie"

Message par nadou » 12 novembre 2009, 11:07

1973 Sam Waterston tourne dans la foulée pour la télévision un classique "The Glass Menagerie" . "The Glass Menagerie" est réalisé par Anthony Harvey d'après la pièce de Tennesse Williams . Le film s'apparente d'ailleurs plus à une pièce de théâtre . Personnellement, j'ai adoré il y a des scènes remarquables et les acteurs sont fabuleux . Amanda Wingfield -jouée par Katharine Hepburn- est une mère qui domine, étouffe ses enfants et vit dans son passé . Sa fille , Laura -jouée par Joanna Miles- vit dans un monde de rêve , elle est d'une timidité extrême et n'a aucune prise avec le monde extérieur. Son fils, Tom -joué par Sam- rêve de devenir écrivain mais il assume la charge de faire vivre sa mère et sa soeur ,le père les ayant abandonnés,il est totalement frustré et étouffé par cette mère qui s'acharne à vouloir faire de lui autre chose . Il y a enfin l'ami de Tom, présenté comme un fiancé possible pour Laura et qui est joué par M. Moriaty - tiens, tiens .... -. Sam a, avec Tom,un magnifique rôle d'un jeune homme en conflit entre de véritables sentiments pour sa mère et des sentiments de culpabilité envers sa soeur pour qui il ne peut rien. Plus un léger égoïsme, légitime, de vouloir vivre sa vie . Maintenant, on dirait que tout cela le "bouffe de l'intérieur" entre ses aspirations et son devoir envers sa famille. Cela ne peut finir que par une fuite sans retour possible , la dernière scène est magnifiquement jouée par Sam dans l'angoisse de Tom face à sa solitude et à sa culpabilité d'avoir abandonné sa soeur et sa mère . Je conseille fortement ce film que l'on peut trouver en dvd zone 2 (anglais plus sous-titrage anglais) il faut juste avoir un peu de chance en raison des stocks .Je joins les vidéos que l'on peut trouver sur youtube dans l'ordre : 1er l'énorme scène de disputes entre la mère et le fils http://www.youtube.com/watch?v=GFeQbEUjHVk ; 2 ème la scène où Tom annonce à sa mère qu'il a peut-être trouvé "un prétendant" pour sa soeur http://www.youtube.com/watch?v=SumagAF4nU8 ; 3 ème la scène entre "le prétendant" et la jeune femme http://www.youtube.com/watch?v=ADBfErmioyg et une des dernières scènes quand Tom décide de partir http://www.youtube.com/watch?v=cPVanqtDWgM .

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Sam Waterston dans Eagle's Wing

Message par nadou » 17 novembre 2009, 09:51

Je ne sais si ma présentation des films de Sam Waterston intéresse beaucoup de personnes mais je continue sur cette voie (si cela ennuie quelqu'un, il me le dit et j'arrête ) . Cette fois-ci un de mes films préférés EAGLE'S WING de 1979 réalisé par Anthony Harvey avec Martin Sheen, Harvey Keitel,Stéphane Audran .Film que j'adore mais tout à fait singulier. C'est un western ... à la photographie fantastique avec peu de dialogues qui décrit la lutte entre un indien (Sam) et un homme blanc (Martin) pour la possession d'un magnifique cheval blanc . Mais c'est beaucoup plus que cela grâce à l'humanité des personnages . Certains on analysait le film comme la vision des 7 pêchés capitaux (l'envie,la cupidité,l'orgueil,la paresse,la colère ...etc) avec les 4 types de justice sous forme de rétribution,de distribution,aveugle et divine . Il y a donc plusieurs degrés de lecture du film qui est pour moi un film fantastique à voir absolument,ignoré à sa sortie et dont je vous conseille le visionnage en DVD (sauf pour les accros de films d'action qui risquent trouver le film lent - l'action étant ici remplacée par de la poésie-) . De plus les interprétations de Martin Sheen et de Sam Waterston (pour lui aucun dialogue tout dans la gestuelle et les regards) sont remarquables . Lien avec une vidéo http://www.youtube.com/watch?v=XH7E0VgzJYY

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Sam Waterston toujours en Indien

Message par nadou » 17 novembre 2009, 10:13

Je fais suite à Eagle's Wing avec un film d'un tout autre style mais dont le point commun est Sam dans le rôle d'un Indien Rancho Deluxe de 1975 avec Jeff Bridges - qui joue Jack- et notre Sam - qui joue Cecil- est une comédie sur la vie de 2 jeunes voleurs de bétail (venant de milieux totalement différents , Jack est fils d'une famille riche,Cecil est un métis fils d'un indien vivant très simplement) dans les années 70 . Ils prennent pour cible l'éleveur local le plus riche d'abord en tuant des vaches pour la revente au détail puis en kidnappant le taureau reproducteur (ce qui nous vaut une des scènes les plus amusantes le taureau dans une chambre d'hôtel ... )enfin en voulant lui voler une partie du troupeau . C'est très amusant ,image d'une jeunesse insouciante mais aussi désenchantée et d'autre part vision d'un Ouest américain centré sur certaines valeurs . La musique est de Jimmy Buffet ,un must pour les fans de chansons country/rock . Bien sûr ce n'est pas un film hollywoodien mais on s'en fiche . Jeff Bridges et notre Sam y sont parfaits . Le DVD existe en zone 2 avec un doublage français (pour une fois) mais je vous conseille la VO avec le sous-titrage français . Lien avec deux vidéos sur ce film
1er http://www.youtube.com/watch?v=SpxCLGycAqg
2ème http://www.youtube.com/watch?v=__tbYd-GcBg

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Re: Sam Waterston (Jack McCoy)

Message par Marsu » 17 novembre 2009, 11:57

Nadou, continue c'est super gentil et donne envie de voir

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Re: Sam Waterston (Jack McCoy)

Message par nadou » 17 novembre 2009, 16:04

Merci Marsu :) . Je signale à tous ceux qui ont Cinecinema Star que passe à 20H40 "La Porte du Paradis" de Cimino . Sam y a le rôle du méchant , Frank Canton, à la tête des éleveurs . A voir absolument pour ceux qui ne connaissent pas . Au passage j'ai vu dans un de mes messages une énorme faute de grammaire !!! certains on + verbe conjugué la honte absolue , vous aurez rectifié en : certains ont + verbe au participe passé .

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Sam Waterston au théâtre

Message par nadou » 26 novembre 2009, 10:48

Les représentations de "Have You Seen Us" ont commencé , Je mets le lien direct avec le théâtre car il y a la possibilité de lire différentes interviews ( de l'auteur Athol Fugard, du directeur artistique et de Sam Waterston )http://www.longwharf.org/show_HYSU.html . :super: . On sent très nettement que le théâtre reste sa passion première . Je vais essayer de retrouver une partie d'une longue interview qu'il a donné sur le théâtre datant des années 80 pour la mettre en ligne .

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Sam Waterston et le théâtre

Message par nadou » 26 novembre 2009, 11:43

Je vais vous livrer une traduction partielle non littérale mais plutôt dans l'esprit d'un article long ( plus de 30 pages)tirée d'un livre "Theater and Film" A Comparative Anthology par Robert Knopf dans lequel , il y a une conversation entre Joanmarie Kalterie -journaliste US dans le théâtre- et Sam Waterston . Cela semble dater des années 1980 .

La journaliste commence par une bio centrée sur le théâtre puis commence un commentaire plus perso

"M. Waterston est grand, angulaire , ressemblant à un croisement entre Tony Perkins et Jean-Pierre Léaud . Il est perplexe avec des yeux noirs amusés et des manières de gentleman . La conversation se déroulait en ma maison .M. Waterston arrive, habillé d'une cravate et d'une veste qu'il a enlevé rapidement et desserré son noeud de cravate de même . Il était perplexe sur le fait que des personnes non acteurs puissent le trouver intéressant .

Q Votre père était Anglais et professeur de langues étrangères avec une attirance pour le théâtre. Votre première apparition sur une scène de théâtre fut dans une pièce -Antigone- qu'il dirigeait. Pensez-vous que son propre intérêt pour le théâtre a pu influencer votre propre motivation pour être acteur ?

R J'en suis sûr . Il était anglais et acteur amateur quand il était à Oxford . Il était le contemporain de certains acteurs du théâtre Anglais actuel - comme Guielgud et Redgrave- et il les connaissait . Et son propre intérêt tout au long de sa vie pour le théâtre a je pense influencer mon propre intérêt .

Q Est-ce que vous vous rappelez qu'est-ce qui a pu vous exciter dans vos premières expériences théâtrales?

R La réponse est difficile parce que je pense que les raisons pour lesquelles vous avez choisies une voie changent avec les années . Quand vous regardez rétrospectivement vous appliquez votre pensée récente sur un passé éloigné . Je sais que lorsque j'étais en high school ( on va dire l'équivalent approximatif de nos lycées) j'aimais joué énormément mais j'étais dans une école qui ne l'encourageait pas . Elle préparait les élèves au monde des affaires ou le service public ou le clergé ( il parle de Groton une des grandes écoles privées américaines qui à son époque était uniquement pour les garçons et des pensionnaires ) et je ne pouvais jouer qu'un pièce par an . Mais la motivation première pour être acteur -pour moi et peut-être d'autres- est en partie l'amour d'un monde fait de fantaisies et d'autre part une sorte de renfort de son ego que l'on ne trouve pas ailleurs . Je ne sais laquelle de ces motivations est la plus importante et cela alterne entre les deux et je suppose qu'il y en a une plus respectable que l'autre .

Q Vous avez joué Lucky dans "En attendant Godot" à Yale et je crois savoir que cela été une expérience capitale pour vous ?

R Oui, il y eut deux choses qui furent merveilleuse . La première fut que j'eus comme une sorte de révélation comme le décrit Stanislavsky lorsqu'on joue une pièce . J'ai eu cette révélation lors de la dernière représentation de la pièce cela a enflammé le personnage tout entier comme une sorte de flash . C'était une chose passionnante . L'autre aspect était la façon de travailler ,

Q Et de cela vous avez obtenu une réponse de votre auditoire ?

R Oui mais c'était plus que cela . Cela ressemblait à une expérience d'extase. Je ne suis pas sûr d'utiliser les bons mots mais la seule fois où j'ai eu une expérience similaire c'est en skiant . J'ai toujours skié et lorsque j'étais étudiant en Europe, je suis allé 3 semaines en Autriche , je skiais tous les jours et toute la journée , j'étais en totale harmonie avec la montagne conscient de ce que je faisais physiquement mais avec l'impression totale de voler et de ne faire qu'un avec la montagne . Et c'est exactement ce qui arriva lorsque je jouais cette pièce .
Pendant que je parlais, je pensais à des choses nouvelles. Je n'avais jamais pensé à mon personnage de cette façon. Tous les processus de pensée étaient changés et j'avais la sensation que mes pensées étaient explicitement et simplement communiquées au public. Quand je voulais qu'il rie, il riait , quand je voulais le silence, il y avait un silence absolu . Le public a interrompu le dialogue au point où j'avais conçu une pause et il applaudissait . Donc , j'avais raison, je contrôlais du bout des doigts le public . C'est un voyage de l'ego . Mais au-delà, il y avait une sensation de communication presque communion incroyable pour laquelle ni moi ni le public étions responsable. Il y avait quelque chose entre nous qui n'était à mettre ni à mon crédit ni à ma faute , c'était là , simplement venu à moi . C'était comme une expérience commune .... avec moi debout là sur la scène tout le monde me regardant .
La conversation continue sur une autre page sur cette expérience où la coïncidence entre la situation du personnage et sa propre situation , sa certitude qu'il ne rejouerait plus le rôle ( il s'était trouvé mauvais) et son propre personnage qui ne parle plus et à cette fameuse dernière représentation sa pensée n'était plus que : jamais plus je ne pourrais parlé, jamais plus, jamais plus, jamais plus . C'était pourtant simple , le personnage et lui était un .

Si vous voulez que je vous donne d'autres extraits je le ferai mais pas en entier il y a des parties extrêmement difficile à traduire ( du moins pour moi ) .

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Sam Waterston et le théâtre

Message par nadou » 30 novembre 2009, 11:57

Bon , je poursuis un peu le cour de ma traduction de la Conversation entre Joanmarie Kalterie et Sam Waterston

Q Avez-vous étudier à l'Actors Studio où l'enseignement était beaucoup basé sur Stanislavsky ?

R J'étais observateur pendant quelques temps mais je n'y ai pas fait d'études. J'ai fait 2 ou 3 pièces mais je n'en suis jamais devenu membre. J'ai fait une audition et ils m'ont dit " C'est parfait mais maintenant ,peux-tu jouer d'une autre manière ,faire autre chose avec ce même texte " J'ai pensé qu'elle en était le besoin ? J'avais l'esprit étroit, vraiment. Je suis désolé de ne pas avoir fait cet effort . Je pense que c'est probablement une des meilleures "gym" de la ville .

Q Pensez-vous que cette valeur dans cet endroit est nécessaire pour entraîner, faire jouer et acquérir de l'expérience en tant qu'acteur ?

R Bien, je sais que lorsqu'on ne travaille pas au théâtre, ils donnent l'opportunité de pouvoir s'exercer avec des personnes de qualités . Et c'est ce qui est bien .

Q Que pensez-vous de la valeur des Ecoles de Théâtres en général ?

R On ne peut généraliser cela dépend beaucoup de ce que vous êtes et de ce qu'est l'école .

Q Est-ce que le fait de connaître l'histoire théâtrale, la littérature théâtrale, d'avoir les termes et les pensées pour jouer n'est-il pas nécessaire ?

R Pour ma part , je ne suis jamais allé dans une école de théâtre.J'ai pris quelques cours à la Yale Drama School mais je ne sais pas à quoi cela ressemble de passer 3 ou 4 ans à n'étudier que le théâtre. Jouer est un métier. Le risque est de partir dans ce monde, avoir un rôle sans aucun enseignement vous ayant donné les bases. Un jour, l'inspiration peut vous manquer et vous faire rater une interprétation . Là, votre corps, votre voix et votre technique peut vous aider à raccrocher cette interprétation. Vous devez acquérir ces techniques et les écoles semblent un bon moyen . Mais je pense qu' elle porte une autre responsabilité . Puisque c'est une situation scolaire , vous ne mettez pas réellement les idées que vous apprenez dans votre travail et il peut arriver que vous appliquiez votre intelligence sur une mauvaise interprétation ou voie . Aussi lorsque vous faîtes ces études, vous avez la possibilité d'apprendre mais de manière spécieuse ( n'avoir que l'apparence de la vérité) . Maintenant, je ne sais pas comment arriver à contourner le problème, la facilité d'analyse et une sorte d'attitude arrogante que vous apprenez à l'école devient une véritable faillite quand vous devez réellement jouer et représenter un personnage .

Q Connaissant votre parcours, a posteriori pensez-vous que vous auriez du faire différemment ?

R Bien , le meilleur enseignement, dans n'importe qu'elle discipline, vient d'un grand enseignant et non pas de l'endroit où il enseigne . A Yale et dans toutes les disciplines que j'ai étudié, seul 3 ou 4 enseignants m'ont vraiment éclairé sur ce que nous lisions, étudions, parlions. Ce que vous recherchez chez un enseignant est différent d'un étudiant à l'autre et un bon enseignant pour l'un peut être mauvais pour l'autre.

Q Vous avez dit que John Berry avec lequel vous avez travaillé à Paris au Centre Culturel Américain était un très bon enseignant ?

R Oui, c'était un grand enseignant. Et il donnait des cours parce que c'était sa passion. Il ne demandait pas d'argent en contrepartie .Il était énergique, différent - il emploie le mot coloré que je traduirais par extravaguant- dur et en même temps extrêmement généreux émotionellement . Il m'a appris les rudiments de l'approche d'une rôle .

Q Qui étaient ?

R Qui étaient basés sur Stanislavsky - auteur et metteur en scène russe qui créa une nouvelle pratique théâtrale basée sur l'analyse psychologique menée par l'acteur pour s'identifier au personnage puis il insista sur les actions physiques - et Michael Chekhov : diviser votre travail , trouver vos intentions puis la psychologie et puis l'appliquer au personnage . Puis trouver des points de contrôles pour savoir si vous êtes toujours sur la bonne voie et vous lancez lorsque vous jouez .

Q Qu'est-ce que vous entendez par points de contrôles ?

R Vous pouvez être entrainer par vos propres sentiments ou votre propre psychologie lorsque vous travaillez un rôle et ceux-ci peuvent vous mener n'importe où, vous devez avoir des repères internes qui puissent vous alerter " ok, c'est bon mais est-ce vraiment ce que tu dois jouer, es-tu sur la bonne voie ?" ces signaux intérieurs doivent vous permettre de rester sur l'interprétation définie et de rectifier si nécessaire votre façon de jouer .

Q Voulez-vous dire que vous êtes censés être en accord avec vos émotions intérieures ?

R Bien sûr, je ne parle pas d'un blocage physique mais de véritables signes intérieurs . Par ex si vous arrivez à un point d'une pièce où vous êtes censé être furieux face à un autre personnage et que vous ressentez autre chose, que de plus ce n'est pas nécessairement faux dans la manière de jouer et que vous pouvez le justifier, vous devez quand même revenir sur la voie d'une manière ou d'une autre et faire éclater votre colère .

Q Quelles sont les premières choses que vous faîtes lors de la préparation d'un rôle au théâtre ?

R C'est quelque chose que je fais automatiquement , j'analyse , je symbolise le personnage. Puis je passe une longue période à corriger les fautes d'analyse que j'ai faîte

Q Analyser ?

R C'est l'analyse facile de ce dont nous parlions . Il est facile de se représenter ou de symboliser un personnage et cela peut être correct. Mais ce n'est pas toujours le cas . Vous pouvez faire une lecture intelligente du rôle sans en trouver l'essence ou sans en avoir "la respiration" mais vous apprenez que vous vous trompez. Les directeurs vous dirigent fait-ci fait-ça . Et vous avez de la chance les choses se corrigent . Finalement avec tout ce que vous avez absorbé, avez trouvé, de ce qui a coulé en vous pendant les répétitions vous arrivez à l'étape finale.Juste faire sans y penser . Etre . Rosemary Harris disait que cela lui avait pris 4 ans pour oublier les choses apprises à l'école théâtrale, mais qu'elle était très heureuse de l'avoir fait parce que maintenant qu'elle les a oublié, elle pouvait les utiliser facilement et sans hésiter . Je pense que c'est ce que je fais d'une certaine façon . Quand je commence, je travaille comme si je faisais une thèse . Et puis, comme c'est manifestement insuffisant. Je jette . Mais quelque chose reste . Ensuite , je travaille les détails pour m'identifier en actes et en paroles . J'essaie de trouver les verbes pour toutes les choses que je fais et évite les adjectifs .

Q Pourquoi éviter les adjectifs ?

R C'est un point technique mais c'est un instrument utile.La bonne chose avec les verbes c'est qu'ils ne sont pas des qualités, ils sont actions à l'opposé des adjectifs ,lesquels sont qualités mais non actions . Par ex si je me dis " Je veux emporter cette chaise chez moi " que c'est cette action est primordiale pour mon personnage et que l'autre personnage refuse et refuse encore et donc je ne peux emporter cette chaise , ça déclenche ma colère et peut me rendre fou . Il n'y a pas de valeur donné ,c'est je veux - il refuse - je suis furieux . Mais si je me dis " je dois aller chercher cette colère" ou " je dois devenir fou" ce n'est que superficiel, je ne suis pas dans l'action .

Q Donc vous enracinez vos émotions dans les actions plutôt que dans une simple évocation

R Oui mais dans la mesure où cela peut devenir " une béquille intellectuelle ", dans la mesure où cela vous mène à dire " je fais les choses correctement, méthodiquement" alors là je crois que c'est mauvais . Ce que vous voulez vraiment c'est que cela se fasse de façon à vous libérer d'une façon simple . La dernière fois que nous jouions "En attendant Godot",Walter Asmus, le metteur en scène n'a pas voulu entendre ni même parler de la pièce. Il s'adressait à nous de temps à autre quand il s'est rendu compte que nous étions paralysés . Il a essayé alors de nous faire sentir mieux en nous disant "sûr, vous pouvez réfléchir à faire ceci ou cela si vous le voulez" mais en fait il voulait juste nous faire mettre dans certains endroits,converser d'une certaine façon,aller plus vite,plus lentement. C'était juste cela. Il n'y avait aucun secret derrière tout ça. Il y avait quelque chose dans la forme du jeu qui était communicatif, c'était l'abondance sans en rajouter . Dés que nous nous sommes débarrassés de nos résistances, de notre peur d'être "nu" sans rien à avoir se raccrocher, nous avons atteint le stade ultime. Quelque soit ce que vous visez et peu importe si on y arrive l'essentiel est de se retrouver "nu", d'être là et de foncer .

Q Ainsi cette méthode de ne pas parler de la pièce, de ne pas en faire l'analyse, c'est vraiment travaillé ?

R Je ne sais si c'est travaillé pour les autres mais pour moi c'est du travail. Je sentais que c'était le meilleur travail que j'ai pu donner. C'était certainement bon pour moi comme acteur à ce point de ma vie d'avoir quelqu'un me dire que toutes ces choses que j'aimais n'étaient pas importantes et que je pouvais être bon sans tout ça . Parce qu'avec toutes les certitudes que vous avez acquis , vous vous trimbalez avec pas mal de "bazar" qui fait que vous pensez " je ne peux le faire à moins que .... à moins que ceci ...... à moins que cela ...." Et peut-être que la vérité ce que vous pouvez le faire en y pensant beaucoup moins .

Q Ainsi vous dîtes que l'acteur doit avoir l'analyse et la technique qui ressortent de son esprit de façon subconsciente ou inconsciente ?

R Oui, je pense que cela dépend de la personne qu'il est . Tout cela ne s'applique pas à quelqu'un qui a une réponse viscérale, instinctive dés le début et qui joue d'une façon non-filtrée, sans interférence avec la pensée. Cette personne pourrait au contraire constater que l'encouragement à penser, à analyser est utile . Mais dans mon cas comme c'est ma réponse automatique, c'est mon ennemi . Etre analytique est une capacité que l'on vous inculque à l'université, il est important de se souvenir de ce que vous avez fait pour impressionner vos profs mais en fait vous le faîtes pour vous et cela devient une habitude . Si vous faîtes par exemple un écrit sur l'histoire de l'art, vous avez la capacité de pouvoir parler de la structure et du contenu émotionnel d'un Picasso et même de la faire intelligemment et de manière adéquate mais cela n'a rien à voir avec le fait de peindre .

Q Cela concerne l'appréciation de la peinture

R Bien, il y a quelque chose de similaire, les professeurs aiment voir les étudiants écrire de cette façon. Mais cela ne vous aidera pas à peindre . Et quand je travaille une pièce, toute l'analyse que j'ai pu en faire, aveugle mon personnage . Par exemple lorsque je travaillais le rôle de Torvald , le mari macho dans "A Doll's House" . J'avais trouvé le personnage mais le public comprenait que je ne l'aimais pas et qu'en réalité j'étais loin de lui et j'envoyais comme impression " je ne veux qu'aucun d'entre vous soit troublé,je ne ressemble pas du tout à cela et donc tous participions au fait de piétiner ce personnage"
Je marchais sur la scène de Philadelphie et les spectateurs ont vu que Torvald était une figure d'amusement et ils se sont amusés de lui . Pendant 5 ou 10 minutes, ils ont commencé à se demander ce que" l'enfer " venait faire dans ce théâtre . S'il était si ridicule, pourquoi Nora s'était-elle mariée avec lui en premier ? Si alors je m'approchais plus prés de lui , si je le faisais comme quelqu'un de ma famille ? Finalement ,j'ai pu dire, je suis lui, il est moi . Je voyais comment je pourrais le faire et maintenant j'allais le faire . Croyez que c'est une personne réelle que vous regardez et pas seulement un morceau de carton . Et quand sa femme Nora le laisse, il lui en coûte comme cela en coûterait à vous ou à moi .Non pas "Ah finalement les premières graines de la libération féministe, les hommes vont les recevoir" , j'avais les implications de la pièce, le contexte historique du drame et tout faisait l'aliment de mon cerveau . Il est satisfaisant pour le public de voir les choses clairement structurées mais ceux qui veulent c'est vous. Et puisque vous et eux êtes toutes les personnes, ils veulent voir des personnes réelles .

Q En leur montrant des aspects d'eux-mêmes ?

R Un miroir naturel

Bon , voilà pour le moment, la conversation se poursuit sur Hamlet et Shakespeare . Et je reviendrai vous en faire part .

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Sam Waterston et le théâtre

Message par nadou » 1 décembre 2009, 10:47

Bon je poursuis un peu et dans cette partie il aborde Hamlet :

Q Parlons de "Hamlet" . Je me demandais si nous pourrions parler de la production de J.Paap que vous avez joué à Central Park .C'est le rôle,je suppose,que tous les comédiens aspirent à faire .Avez-vous essayer consciemment d'y apporter quelque chose d'unique ? Avez-vous fait des efforts pour l'interpréter d'une nouvelle façon ?

R Non, parce que ma théorie sur Shakespeare est que tout est là dans le texte et que vous devez le faire simplement . Maintenant, je ne pense pas que mon Hamlet était simple parce que l'environnement,la mise en scène n'était pas simple
Je pense que Shakespeare est plus accessible quand la mise en scène utilise "un matériel", une vision plus simple du contexte .Je ne suis pas sûr que nous ayons joué dans un contexte ayant rendu le texte accessible . Au Park ,la mise en scène situé l'action dans un Etat militaire, tout le monde était en uniforme, cela rendait accessible une certaine vision de l'oeuvre mais avait aussi un effet malheureux d'enterrer beaucoup de rôle dans ces uniformes monochromatiques ce qui fait que l'individualité de certains rôles, comme Polonius par exemple, étaient un petit peu perdu . Le problème d'Hamlet était que c'était dans un espace restreint, dans un Etat de répression et naturellement la façon de le jouer en était affectée en partie .

Q Ce contexte a donc affecter votre conception du personnage ? où le contexte s'adressait-il plus à l'attention du public ?

R Le contexte est important mais c'est pour le public et il ne doit pas prendre le dessus, l'acteur lui doit faire avec . Dans 2 mises en scènes , le contexte mis en place a permis à la fois au public une meilleure compréhension et une meilleure interprétation de tous au service de la pièce et en faveur du jeu ,c'était pour "Much Ado About Nothing" et "The Tempest".Much Ado About Nothing a été situé au tournant du siècle en Amérique - et donc cela n'avait rien avoir avec ce qu'avait pensé Shakespeare- mais cela a permis au public à la minute même de voir où ils étaient et de connaître le jeu de cette pièce. Ils comprenaient ce que nous faisions La mise en scène fédérait les acteurs et le public, c'était vraiment bien parce que l'un renforçait l'autre, il y avait une totale interaction entre le public et les acteurs .

Petite remarque perso sur Hamlet , même s'il semble un peu déçu par la mise en scène austère et sévère qui a peut-être affecté l'ensemble de la pièce, son interprétation personnelle de Hamlet a, elle, été soulignée par plusieurs critiques à l'époque qui mettaient en avant l'humanisation du rôle par Sam et une interprétation qui a enthousiasmé certains . Au moment où les productions se sont déplacées du Théâtre Vivian Beaumont au Lincoln Center en Décembre 1975, Waterston avait affiné et renforcé son personnage à tel point qu'un critique-Martin Gottfried du New York Post, est allé jusqu'à l'appeler «l'une des interprétations les plus mémorables» «Il s'agit de Hamlet plutôt que d'un artiste l'interprètant ou le jouant", a t-il conclu dans son avis du 18 Décembre, 1975, «un touchant vulnérable Hamlet, un individu un être humain ». Et cette interprétation est maintenant souvent citée par les critiques de théâtre comme une interprétation mémorable de Hamlet .

Q Pensez-vous que Shakespeare est mieux compris par les Américains lorsqu'il est transposé dans un contexte Américain ?

R Je ne sais pas."The Tempest" était joué sur une scène transformée en plage. Tout le plateau était rempli de sable avec des petites dunes. Prospero,Miranda,Caliban et Ariel étaient nu-pieds.Prospero avait une paire de vieille culotte en loque,la robe de Miranda était plus qu'usée,tous les personnes étaient habillés ainsi et c'était parfait .Rien n'était là à faire penser à un contexte américain mais rien n'indiquait non plus au public "les vêtements sont portés pour que vous compreniez que le cadre est jadis et loin et que vous avez une expérience culturelle par opposition à un immédiat" . Les vêtements dans notre cas enlevaient toute distanciation entre un temps , un lieu donné et le public .

Q Quand Stacy Keach a joué Hamlet,il étudia apparemment beaucoup de critiques écrites par des spécialistes de Shakespeare . En avez-vous fait de même ?

R J'ai lu beaucoup de critiques,bien entendu,mais je n'ai jamais rien lu allant dans le sens que je voulais concevoir , jouer le rôle.Mon éclairage est venu surtout de la signification des phrases .J'ai reçu cette habitude de 3 ou 4 professeurs exceptionnels que j'avais eu à Yale, ils avaient l'habitude de s'amuser en parlant des différentes productions vus où les interprétations étaient fondées sur une mauvaise compréhension des phrases, des mots.Des scènes entières ont été mal jouées parce que quelqu'un a cru que le mot signifié "furieux" alors que la véritable signification était "béni"

Petite parenthèse perso cela peut nous sembler incompréhensible de confondre deux significations si différentes mais lors d'une discussion avec un autre acteur ayant joué Hamlet Sam Waterston explique qu'au temps de Shakespeare certains mots ne portaient pas en eux la même signification qu'on leur donne aujourd'hui . Par exemple "to be" en anglais Elisabéthain ne signifie pas d'être vivant, cela signifie d'agir. Il faut donc transmettre «être ou ne pas être» en intention de faire ou ne pas faire, d'agir ou de ne pas agir. La logique du discours change l'ensemble, elle modifie l'arc de la parole : "Devrais-je me tuer, ou ne le devrais-je pas? " . Il poursuit en indiquant que la lecture des Essais de Montaigne est très utile. Car la Grande question de Montaigne est «Que sais-je?" et cette question a des ramifications importantes pour Hamlet. Hamlet connait la confrontation avec la mort et par conséquent la façon dont vous allez le vivre - les deux grandes questions auquel l'esprit est conçu pour exercer sur lui-même: «Qui suis-je?" Et «Que puis-je savoir sur le monde ?" - sont des questions centrales pour Hamlet .

Bon voilà pour le moment , je n'ai pas du tout fini de traduire ( j'ai fini de lire mais une traduction intelligente et intelligible m'est plus difficile ) .

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r lefourbe
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Re: Sam Waterston (Jack McCoy)

Message par r lefourbe » 1 décembre 2009, 11:21

C'est une interview hyper approfondie. Merci pour la traduction.

Je pense que de nos jours c'est de plus en plus rare d'avoir ce type d'interview quand on voit les questions lors des promos de films / séries ou pour les bonus de dvd.

nadou
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Sam Waterston dans "Have You Seen Us"

Message par nadou » 2 décembre 2009, 10:53

D'abord, merci pour le compliment :redface: . Et à propos de théâtre, comme vous le savez, Sam Waterston joue actuellement dans "Have You Seen Us" et les premières photos ont été publiées , je vous donne le lien pour les voir toutes
http://ct.broadwayworld.com/article/Pho ... S_20091201
Les spectateurs ayant assistés aux représentations insistent sur la qualité de la pièce ( sujet profond mais avec des phases d'humour) et la qualité de l'interprétation dans son ensemble et en particulier celle de Sam , on peut même l'entendre chanter !!!!!!!!! :o , la fin de la représentation finissant par une standing ovation du public :amen: :amen: . Que du bonheur pour ceux qui ont la chance d'y assister .

nadou
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Sam Waterston dans "Have You Seen Us"

Message par nadou » 7 décembre 2009, 09:55

Je vous joins un lien vers une courte vidéo de cette pièce http://www.youtube.com/watch?v=y28X-po5brw . Les premières critiques commencent à paraitre je vous joins celle du magazine Variety :

'Have You Seen Us?'

Long Wharf Theater presentation of a play in one act by Athol Fugard. Directed by Gordon Edelstein.

Henry Parsons - Sam Waterston
Adela - Lisa Colon-Zayas
Solly - Sol Frieder
Rachel - Elaine Kussack

For South African playwright Athol Fugard, there's something about sandwich shops that brings out deep emotions and profound truths from the lives of their everyday inhabitants. In "Master Harold...and the Boys," the setting yielded a shocking and unexpected expression of raw prejudice erupting from years of apartheid. In "Have You Seen Us?," a blessing of a play receiving its world premiere at New Haven's Long Wharf Theater, it's also a moment that strikes with surprise, but this time it brings unexpected forgiveness of that very prejudice Fugard has spent a lifetime examining.

He had to travel half a world away, but Fugard finds absolution in a coffee shop in a struggling mini-mall, presumably around the San Diego area the 77-year-old playwright now calls home. He also finds it with an exceptional cast led by Sam Waterston, and in a sterling production, helmed by Gordon Edelstein, who also staged the premiere of Fugard's last work, "Coming Home," at Long Wharf.

Waterston plays Henry Parsons, a terrific creation in Fugard's repertoire of vivid and engaging characters. Parsons is a 64-year-old South African who has lived in the U.S. for the past 15 years. He is also "a useless drunk," on the wagon but anticipating another fall. "You're sober now?" asks Mexican waitress Adela (Liza Colon-Zayas). "Yes, but I am not particularly enjoying it," answers Henry.

Parsons is not particularly enjoying anything. Divorced, homesick and sad, he is hopelessly adrift: from a country that no longer has a place for him, from a family he fears he has lost, from a self he no longer can stand. Bedeviled by prejudice and wracked by guilt, he strikes out in anger, frustration and rejection.

But as played with intellectual vigor and without a shred of sentimentality by Waterston, he is someone we can't dismiss. In an opening monologue Henry reveals a few things about himself, talks about his "bog of self pity," and how he is "addicted to humiliation." But mostly he tells about a momentous day two years ago in that sandwich shop (designed to dreary perfection by Eugene Lee) when, spurred by "one fucking rejection too many," the dominoes of his life began to fall.

Waterston gives a stunning perf, complete with a crisp South African accent that matches his staccato delivery, filling his character's speech with barbs and bristles. "I understand nothing," he spits out of his sorry state.

As a teacher "of a dead language" (Old English classics), Henry is as lost as the missing wives and children on the "Have you seen us?" neighborhood flyer that serves as his bookmark. But these characters onstage are among the missing as well -- refugees in search of home.

There's sweet-singing, tough-talking waitress Adela, an adversary for Henry but also a touchstone for his own hidden humanity. Colon-Zayas plays both sides of the somewhat underwritten role of a strong-willed person who is also vulnerable and displaced.

Then there are customers Sol (Sol Frieder) and Rachel (Elaine Kussack), an elderly Jewish couple who prompt a deep-seeded, disturbing reaction in Henry. Kussack is touching in the silent role of the fragile wife, while Frieder gives his character -- and the play -- its forgiving heart.

It's a heart that hearkens back to "Master Harold" and the prejudices of that same young lad who spat in the faces of his beloved black friends in that Port Elizabeth tea house. In "Have You Seen Us?," the boy has grown up and grown old. But with Fugard's humanist hand he has at last exorcised the hatred in his soul and found something else quite wonderful there.

Dont voici une traduction (google )

"Nous avez- vous vu ?"

Une représentation au Long Wharf Theater d'une pièce en un acte de Athol Fugard. Réalisé par Gordon Edelstein.

Henry Parsons - Sam Waterston
Adela - Lisa Colon-Zayas
Solly - Sol Frieder
Rachel - Elaine Kussack

Pour le dramaturge sud-africain Athol Fugard, il y a quelque chose au sujet des sandwicheries qui fait ressortir des émotions profondes et des vérités profondes de la vie de leurs habitants au quotidien. Dans "Master Harold ... and the Boys", a abouti à la création d'une expression choquante et inattendue de préjudice première éruption de plusieurs années de l'apartheid. Dans "Have You Seen-nous?", Une bénédiction d'une pièce de réception de sa première mondiale au Long Wharf Theater de New Haven, c'est aussi un moment que les grèves avec surprise, mais cette fois, il apporte le pardon inattendue de ce préjugé très Fugard a passé sa vie d'instruction.

Il a voyagé au bout du monde, mais Fugard trouve l'absolution dans un café dans un mini-mall qui luttent, sans doute autour de la région de San Diego le 77-year-old now dramaturge appels à domicile. Il considère également qu'il est d'une distribution exceptionnelle dirigé par Sam Waterston, et dans une production de livres sterling, barré par Gordon Edelstein, qui a également mis en scène la première de la dernière œuvre de Fugard, «Coming Home», à Long Wharf.

Waterston joue Henry Parsons, une création fantastique dans le répertoire de Fugard de vives et des personnages attachants. Parsons est un vieux sud-africain de 64 ans qui a vécu aux Etats-Unis au cours des 15 dernières années. Il est aussi «un ivrogne inutile», sur le wagon, mais d'anticiper une nouvelle chute. "Vous êtes sobre maintenant?" demande la serveuse mexicaine Adela (Liza Colon-Zayas). "Oui, mais je ne suis pas particulièrement heureux de l'être ", répond Henry.

Parsons ne peut jouir en particulier de rien.Divorcé, nostalgique et triste, il est à la dérive sans espoir: d'un pays qui n'a plus de place pour lui, d'une famille qu'il craint avoir perdu, à partir d'une auto il ne peut supporter. Tourmenté par les préjugés et ravagé par la culpabilité, il frappe à la colère, de frustration et de rejet.

Mais tel qu'il se joue avec une vigueur intellectuelle et sans l'ombre d'une sentimentalité par Waterston, il est quelqu'un que nous ne pouvons pas écarter. Dans un monologue d'ouverture Henry révèle un certain nombre de choses sur lui-même, parle de son «marais de la pitié de soi,» et comment il est "accro à l'humiliation». Mais surtout, il raconte une journée très importante il ya deux ans dans cette sandwicherie (conçus à la perfection morne de Eugene Lee) lorsque, poussés par «un rejet fucking trop", les dominos de sa vie a commencé à tomber.

Waterston donne une superbe performance, avec un accent sud-africain Crisp qui correspond à son débit saccadé, en remplissant le discours de son personnage avec des barbes et des soies. «Je ne comprends rien," il crache de son piteux état.

En tant que professeur »d'une langue morte" (Old classiques anglais), Henry est aussi perdue que les épouses des enfants disparus et sur le «Nous avez-vous vu? qui lui sert de signet. Mais ces personnages sont sur scène parmi les disparus ainsi - les réfugiés à la recherche de la maison.

Il ya le chant doux, franc-parler de la serveuse Adela, un adversaire pour Henry, mais aussi une pierre de touche de son humanité propre secret. Colon-Zayas joue les deux côtés du rôle un peu souscrite d'une personne forte volonté de fer qui est également vulnérables et déplacées.

Puis il y a des clients Sol (Sol Frieder) et Rachel (Elaine Kussack), un couple de juifs âgés qui invite un profond tête de série, la réaction inquiétante de Henry. Kussack est touchante dans le rôle silencieux de la femme est fragile, tout Frieder donne à son personnage - et le jeu - son cœur miséricordieux.

C'est un coeur qui prend racine "Maître Harold" et les préjugés de cette même jeune garçon qui avait craché au visage de ses amis bien-aimés noir dans cette maison de thé de Port Elizabeth. In "Have You Seen Us?,le garçon a grandi et vieilli. Mais avec la main humaniste Fugard, il a enfin exorcisé la haine dans son âme et trouvé autre chose tout à fait merveilleux là-bas.

nadou
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Sam Waterston dans "Have You Seen Us"

Message par nadou » 8 décembre 2009, 11:16

Bon, maintenant il y a pléthore de critiques donc je vous mets les liens avec deux . La première du New York Times http://www.nytimes.com/2009/12/08/theat ... 8seen.html et la deuxième du Boston Globe http://www.boston.com/ae/theater_arts/a ... s_missing/ . Bonne lecture .

nadou
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Sam Waterston dans "Have You Seen Us"

Message par nadou » 10 décembre 2009, 16:23

Aller une autre critique avec des photos dont voici le lien http://blogs.courant.com/curtain/2009/1 ... gards.html et je joins une traduction (google , désolé pas le temps de fignoler ):

Riz blog Review: Athol Fugard «Avez-vous nous voir? at Long Wharf theatre au Long Wharf Theatre
Par
Frank Rizzo
le 10 Décembre, 2009 8:29 PM Le spectacle: "Have You Seen-nous?

Le lieu: Long Wharf Theatre, 222 Sargent Drive, New Haven.

Qu'est-ce que c'est ?: Une première mondiale par le dramaturge sud-africain Athol Fugard.

Qu'il y a t- il de spécial ?: Ceci est la première pièce de l'écrivain sud-africaine a fixé aux Etats-Unis. Dans ce cas, il y a un café dans le sud de la Californie.

C'est sur quoi ?: Préjugé, claire et pas si simple. C'est une histoire au sujet d'un expatrié en Afrique du Sud, jouée par "Law & Order" 's Sam Waterston, qui est perdu et solitaire, et trouve - refuge et d'autres réfugiés - dans une sandwicherie dans un mini-centre commercial.Ces rencontres se produisent durant les fêtes.

Eh bien, au premier abord je n'aimais pas trop . Mais le caractère Waterston est assez méchant - mais fascinant - et l'acteur lui joue le silex pur. Il y a aussi une serveuse mexicaine. Et puis deux populaires juives âgées entrent en jeu.

Quoi, pas de Noir?: Maintenant, ne pas être cynique. Ou vous pourriez passer à côté de quelque chose d'assez merveilleux. Fugard a un point très précis à faire et il le fait dans un très économique et émouvante façon.

Does Everyone Hug à la fin?: No. " Mais il y a un coup de poing émotionnel incroyable qui apporte à l'esprit les épiphanies-deuxième acte des meilleures œuvres de Fugard, tels que «Une leçon d'Aloes" et surtout "Master Harold ... et les garçons».

Celui où les blancs sud-africain de la jeunesse crache dans le visage de son ami Black, un des deux Blacks qui travaillent dans un salon de thé en Afrique du Sud?: Je vois ce jeu comme un serre-livres à cette expérience, les jeunes grandi et toujours aux prises avec les préjugés dans son cœur, même si, comme un homme instruit, il sait mieux.

Mais cela ne se situe pas en Afrique du Sud: That's the point, Bud.

Qui aimera ?: Les amateurs de Fugard et ceux qui apprécient un bien conçus, bien mis en scène jouent avec en particulier amende d'agir. Waterston est formidable, tout comme les autres dans la distribution, y compris les plus vieux comédien de théâtre professionnel en Amérique - ou la deuxième plus ancienne en fonction de la définition qu'on en - 90 ans, Sol Frieder.

Qui n'aimera pas?: Ceux qui pourraient vouloir les feux d'artifice plus sur scène. Mais, comme je l'ai découvert à travers les œuvres d'écrivains magnifiques comme Horton Foote et Tchekhov, grand théâtre peuvent émerger de la plus petite des moments. Dans "nous as-tu vu", ces petits moments d'accumuler une fin profondément émouvant. Pourtant, certains pourraient trouver la pièce sur le côté faible.

Réflexions Comme je l'ai quitté le stationnement: New Haven est aujourd'hui l'un des foyers artistiques pour ce monde-dramaturge de classe. (Je nommerais Fugard pour un prix Nobel de littérature pour l'ensemble de ses travaux pendant la période de l'apartheid en Afrique du Sud - ainsi que deux après.)

Après la première mondiale de Fugard "Coming Home" en Janvier (également mis en scène par le directeur artistique Gordon Edelstein) et maintenant ce travail, nous sommes tellement heureux ici, dans le Connecticut d'avoir distingué comme l'artiste de partager son travail. Un autre des écoutes Fugard est définie pour ses American-première ici à Long Wharf pour la saison 2010-11, "The Watcher Train". Je suis impatient de celui-là aussi.

Have You Seen nous 204.jpg Runs Through: Dec. Runs Through: Dec. 20. 20.
Durée de la pièce ?: 85 minutes. Un seul acte.

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