New York Section Criminelle

  LawAndOrder-fr > Interviews > René Balcer (par Martin Winckler)

17 Août 2017

Faute de place, cette interview de René Balcer (créateur de New York Section Criminelle) n'avait pu être publiée dans son intégralité dans le magazine E¶SODE (N°5 - février 2003).
La voici aujourd'hui dans sa version complète.
Un grand merci à Martin Winckler à qui je laisse tout de suite la place:

René Balcer René Balcer, créateur et producteur exécutif de Law & Order : Criminal Intent a fait partie pendant dix ans de l'équipe de production de Law & Order.
Il a été nominé à plusieurs reprises pour ses scénarios (il en écrivit environ 70!), a reçu l'Emmy de la meilleure série dramatique en tant que producteur exécutif de la série ainsi qu'une dizaine d'autres récompenses en tant que scénariste; il fait couramment la navette entre son bureau à Universal City (Los Angeles) et les lieux de tournage de sa série à New York.

E¶SODE: D'où est née l'idée de Criminal Intent ?

René Balcer: J'avais toujours voulu créer une série qui soit en partie racontée du point de vue du criminel. Je voulais voir ce qui se passait entre lui/elle et ses complices, son avocat, sa famille, ses amis, et comment il réagissait à l'enquête de la police, comment il réagissait au stress, quelle dynamique, quels déclencheurs psychologiques étaient à l'oeuvre. L'idée de départ était celle-là. L'autre motivation était mon amour des grands détectives, Sherlock Holmes, Philip Marlowe, Maigret (que j'ai lu en français), ou les romans d'Imanishi. J'aime les enquêteurs intelligents, intuitifs, qui savent lire le comportement humain. Je me suis aussi intéressé à mon ami le Dr Park Dietz, l'un des experts psychiatres les plus brillants des Etats-Unis, qui fut l'un des premiers profilers du FBI. Ce sont toutes ces influences qui m'ont aidé à créer le personnage de Robert Goren.

¶: Au générique, on lit que vous avez "développé" la série.
Pouvez-vous nous expliquer ce terme ?

R. B.: Dans le cas présent, c'est une autre manière de dire que j'ai co-créé la série avec Dick Wolf et que je suis le principal artisan en charge. DW est crédité comme "créateur" au générique pour des raisons contractuelles indépendantes de nos contributions respectives mais il n'intervient pas ou très peu dans l'écriture. Je suis producteur exécutif de L&O : CI, j'en suis aussi le "showrunner" - responsable de la plupart des décisions artistiques - et le principal scénariste : c'est moi qui suggère toutes les histoires, j'écris les synopsis avec chaque scénariste, je réécris chaque script ainsi que les miens.

¶: Combien de scénaristes avez-vous dans l'équipe ?
Comment écrivez-vous les scénarios ?
Qui sont vos principaux collaborateurs ?

R. B. : Je peux dire que 99% de l'écriture a lieu avant la pré-production, ce qui est plutôt inhabituel en matière de séries télévisées. Mais je suis très organisé, je sais ce que je veux et j'ai de bons scénaristes. Pour la première saison, j'ai collaboré avec trois scénaristes, toutes des femmes. Je propose l'histoire, je la confie à l'une des scénaristes, on trace ensemble les grandes lignes du script, puis la scénariste rédige la première version, sur laquelle je mets des annotations détaillées ; elle en écrit une seconde, que je réécris, souvent de manière importante. Il faut du temps pour que chaque scénariste intègre le style de la série, la voix des personnages, l'état d'esprit dans lequel aborder chaque scène, la manière de construire l'histoire. Il m'a fallu quatre ans pour maîtriser ça quand je travaillais sur Law & Order. Alors, sur Criminal Intent, je réécris la plupart des dialogues et c'est moi qui fournis les "trucs" que Goren utilise pour coincer le criminel. La voix de Goren est la mienne, au fond. Quand nous avons commencé, Vincent D'Onofrio m'a dit que, lorsqu'il s'est demandé comment interpréter le personnage, le rythme à utiliser pour dire le dialogue, il a décidé de me prendre pour modèle. De fait, dans la série, c'est moi qu'il interprète! La personne sur laquelle je me repose le plus pour chaque épisode est mon co-executive producer, Fred Berner. Il a produit Pollock et Ballad of Little Joe, et de nombreux autres films indépendants. J'écoute toujours son avis sur les scénarios. Et c'est un champion du casting, il a très bon goût...

¶: Quels sont vos épisodes préférés de la première saison ? Ceux que vous détestez le plus ?

R.B.: A une exception près [un épisode intitulé Insider], j'aime tous les épisodes de la première saison. Ils ont tous quelque chose de particulier. Nous cherchons encore à trouver le bon équilibre entre Goren et les autres personnages pour que les acteurs restent concernés, heureux et stimulés. Ce n'est pas facile. Ils ont tous beaucoup de talent et un ou deux d'entre eux se sentent peut-être un peu frustrés. Pour la seconde saison, jusqu'ici j'aime beaucoup The Pilgrim, qui parle d'un poseur de bombes, Anti-Thesis, où Goren rencontre quelqu'un de sa trempe [une femme incarnée par Olivia d'Abo], et Tomorrow, qui transpose l'affaire des soeurs Papin, les deux employées de maison criminelles que les Français connaissent bien. Mais dans l'histoire, ce sont des baby-sitters. Tout le monde a une baby-sitter à New York.

¶: Skoda [l'excellent J.K. Simmons], le psychiatre de L&O, apparaît dans votre série. On y voit aussi, brièvement, Briscoe et Green.
Avez-vous l'intention d'en faire réapparaître d'autres ?

R.B.: Je n'ai pas l'obligation de le faire. J'ai créé le personnage de Skoda et je l'aime beaucoup, mais je ne le ferai apparaître que s'il remplit une fonction dans le scénario.

¶: Quelle est l'audience de L&O:CI actuellement ?

R. B.: Cette année, l'audience a augmenté de 30 %. Elle fait partie des vingt émissions les plus regardées toutes les semaines et elle est à la 18e place, actuellement. L'an dernier, on était 26-28e. Dans notre case horaire, dans la tranche d'âge 18-49, nous battons Alias et Les Sopranos !

¶: Quelles séries regardez-vous, à la télévision ?

R. B.: Je n'en regarde pas beaucoup, principalement parce que je n'ai pas le temps. Je regarde les informations, les chaînes historiques, les documentaires, et j'échantillonne certaines séries. Je n'en ai pas trouvé qui me satisfassent ou elles me demandent trop de temps. Je regarde plutôt des sitcoms (Frasier, Friends, Scrubs, Curb Your Enthusiasm). Les bonnes sont drôles... et elles ne durent pas longtemps ! Par le passé, j'ai regardé Les Incorruptibles, Twilight Zone, Star Trek, les deux premières saisons de Homicide et de NYPD Blue, St Elsewhere et quelques épisodes de L.A. Law et de The Rockford Files (Deux cents dollars plus les frais).

¶: Vous avez d'autres projets, actuellement ?

R.B.: Oui, je développe pour ABC une nouvelle série qui parlera de la police de New York en 1895. C'était à l'époque la police la plus brutale et la plus corrompue du pays...

Voir également:
Interview de René Balcer dans Génération Séries (1998)
Entretien René Balcer - Martin Winckler (Video sous-titrée)

Propos recueillis par Martin Winckler.

E¶SODE








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